Background: More than 600,000 adults in the United States experience an out-of-hospital or in-hospital cardiac arrest each year. Following resuscitation from cardiac arrest, most patients receive mechanical ventilation. The oxygenation target that optimizes neurologic outcomes following cardiac arrest is uncertain.
Research question: Following cardiac arrest, does a lower oxygen saturation (Spo) target improve neurologic outcomes compared with a higher Spo target?
Study design and methods: This study was a secondary analysis of patients who experienced a cardiac arrest prior to enrollment in the Pragmatic Investigation of Optimal Oxygen Targets (PILOT) trial. The PILOT trial assigned critically ill adults receiving mechanical ventilation to a lower (88%-92%), intermediate (92%-96%), or higher (96%-100%) Spo target. This subgroup analysis compared patients randomized to a lower or intermediate Spo target (88-96%) vs a higher Spo target (96%-100%) regarding the primary outcome of survival with a favorable neurologic outcome at hospital discharge (Cerebral Performance Category 1 or 2).
Results: Of 2,987 patients in the PILOT trial, 339 (11.3%) experienced a cardiac arrest prior to enrollment: 221 were assigned to a lower or intermediate Spo target, and 118 were assigned to a higher Spo target. Overall, the median age was 60 years, 43.5% were female, 58.7% experienced an in-hospital cardiac arrest, and 10.2% had an initial shockable rhythm. Survival with a favorable neurologic outcome occurred in 50 patients (22.6%) assigned to a lower or intermediate Spo target and 15 (12.7%) patients assigned to a higher Spo target (absolute risk difference, 9.9 percentage points; 95% CI, 1.8-18.1; P = .03).
Interpretation: Among patients receiving mechanical ventilation following a cardiac arrest, use of a lower or intermediate Spo target was associated with a higher incidence of a favorable neurologic outcome compared with a higher target. A randomized trial comparing these targets in the cardiac arrest population is needed to confirm these findings.
Conclusion (proposition de traduction) : Chez les patients bénéficiant d'une ventilation mécanique après un arrêt cardiaque, l’utilisation d’une cible de saturation en oxygène basse ou intermédiaire était associée à une incidence plus élevée d’un devenir neurologique favorable par rapport à une cible plus élevée.
Un essai randomisé spécifiquement dédié à la population des patients en arrêt cardiaque est nécessaire pour confirmer ces résultats.
Commentaire : Il s’agit d’une analyse secondaire pré-spécifiée d’un essai randomisé pragmatique en grappes avec plan croisé (PILOT), méthodologiquement solide, incluant 339 patients ventilés après arrêt cardiaque, avec un recueil extrêmement granulaire des données de SpO₂ et de FiO₂ (mesures minute par minute) et des analyses statistiques adaptées (intention de traiter, modèles multivariés ajustés et analyse ordinale du score CPC), conférant un niveau de preuve intermédiaire mais robuste pour une étude post-arrêt, malgré des limites liées à la taille de l’échantillon, au caractère secondaire de l’analyse et à une population majoritairement composée d’arrêts intra-hospitaliers et de rythmes non choquables. Les résultats montrent de façon cohérente qu’éviter l’hyperoxémie par des cibles de SpO₂ plus basses (88–96 %) est associé à une amélioration significative du devenir neurologique à la sortie de l’hôpital, sans augmentation du risque d’hypoxémie sévère, tandis que l’effet sur la mortalité reste incertain.
Sur le plan pratique, cet article est majeur car il déplace le paradigme post-arrêt d’une oxygénation « maximale par défaut » vers une stratégie de titration raisonnée et physiologiquement cohérente, suggérant que l’hyperoxémie précoce pourrait constituer un facteur de lésions cérébrales secondaires évitables. Le thème central est l’optimisation de l’oxygénothérapie dans la phase post-arrêt cardiaque, et l’article constitue une référence pour comprendre pourquoi le contrôle fin de l’oxygénation devient un levier clé d’amélioration du pronostic neurologique dans la prise en charge moderne de l’arrêt cardiaque.