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Dernière mise à jour le 14 mars 2026

Bibliographie sur l'arrêt cardiaque

Mois de Novembre 2019

Medicine
Mechanical chest compression with LUCAS device does not improve clinical outcome in out-of-hospital cardiac arrest patients: A systematic review and meta-analysis.
Liu M, Shuai Z, Ai J, Tang K, Liu H, Zheng J, Gou J, Lv Z. Medicine (Baltimore). 2019;98[44]:e17550
DOI: 10.1097/MD.0000000000017550

Background: Cardiac arrest (CA) is a serious threat to human health. Cardiopulmonary resuscitation (CPR) is an effective treatment for CA. Early and high-quality CPR is closely related to the survival rate of patients with CA. But manual chest compression has a lot of defects. To solve the defects and improve the quality of CPR, mechanical CPR device was invented. However, it has still controversy whether manual chest compression or mechanical chest compression is better. This systematic review was aimed to investigate the difference in clinical outcomes between manual chest compression and Lund University Cardiac Assist System (LUCAS) assisted CPR in patients with out-hospital CA.

Methods: Original research studies, conducted on adult out-of-hospital CA, were included. PubMed/Medline, EMBASE, Scopus, Cochrane Library, CNKI, and Wanfang database were searched from the setting to February 21, 2019. Odds ratio (OR) with 95% confidence interval (CI) was selected as effect scale index for evaluation of the difference in return of spontaneous circulation (ROSC), survival to hospital admission, survival to hospital discharge, and survival to 30 days. Random effects model was used in this study to estimate overall mean effects.

Results: A total of 6 articles, including 4 randomized controlled trials and 2 nonrandomized controlled trials, were selected. And 8501 subjects were involved to analyze the clinical outcomes of LUCAS and manual chest compression for patients with out-hospital CA. Comparisons of ROSC (33.3% vs 33.0%, P = .98; OR = 1; 95%

Ci: [0.89,1.13]), survival to hospital admission (22.7% vs 24.3%, P = .32; OR = 0.86; 95%

Ci: [0.65,1.15]), survival to hospital discharge (8.6% vs 10.7%, P = .50; OR = 0.92; 95%

Ci: [0.73,1.17]), and survival to 30 days (7.5% vs 8.5%, P = .50; OR = 0.92; 95%

Ci: [0.73,1.17]) were made. No significant difference was found.

Conclusion: The synthesis of available evidence does not support that mechanical chest compression with LUCAS device improves clinical outcome in out-of-hospital CA patients compared with manual chest compression. Large scale studies with improved designs are still needed in the future.

Conclusion (proposition de traduction) : La synthèse des données disponibles ne montre pas que la compression thoracique mécanique avec le dispositif LUCAS améliore le devenir clinique des patients en arrêt cardiaque extrahospitalier par rapport à la compression thoracique manuelle. Des études de grande envergure, avec une meilleure qualité méthodologique, restent nécessaires à l’avenir.


Commentaire : Cette méta-analyse, fondée sur six études incluant plus de 8 500 patients, conclut de manière cohérente à l’absence de bénéfice clinique du dispositif LUCAS par rapport à la RCP manuelle pour les principaux critères de jugement : RACS, survie à l’admission, survie à la sortie d’hospitalisation et survie à 30 jours. Malgré les avantages théoriques des compressions mécaniques – régularité, absence de fatigue, continuité pendant le transport – les données suggèrent que ces bénéfices techniques ne se traduisent pas par une amélioration des résultats cliniques. Les auteurs soulignent plusieurs explications plausibles, notamment les délais et interruptions liés à la mise en place du dispositif, ainsi qu’une profondeur de compression parfois inférieure aux recommandations. La qualité méthodologique globale est jugée satisfaisante, même si l’impossibilité du double aveugle et l’hétérogénéité des études constituent des limites classiques dans ce domaine.
Sur le plan pratique, ces résultats confortent la place centrale de la RCP manuelle de haute qualité comme stratégie de référence en préhospitalier. Le LUCAS peut rester un outil utile dans certaines situations particulières, comme les réanimations prolongées ou les contextes logistiques complexes, mais son utilisation systématique ne se justifie pas au regard des preuves actuelles.

Proposé par le docteur Didier THIERCELIN
The American journal of emergency medicine
Pharmacokinetic effects of endotracheal, intraosseous, and intravenous epinephrine in a swine model of traumatic cardiac arrest.
Burgert JM, Johnson AD, O'Sullivan JC, Blalock WJ, Duffield BC, Albright BP, Herzog CC, Moore MS, Dempster KS, Rauch JW. Am J Emerg Med. 2019;37[11]:2043-2050
DOI: 10.1016/j.ajem.2019.02.035

Introduction: Limited prospective data exist regarding epinephrine's controversial role in managing traumatic cardiac arrest (TCA). This study compared the maximum concentration (Cmax), time to maximum concentration (Tmax), plasma concentration over time, return of spontaneous circulation (ROSC), time to ROSC, and odds of ROSC of epinephrine administered by the endotracheal (ETT), intraosseous (IO), and intravenous (IV) routes in a swine TCA model.

Methods: Forty-nine Yorkshire-cross swine were assigned to seven groups: ETT, tibial IO (TIO), sternal IO (SIO), humeral IO (HIO), IV, CPR with defibrillation (CPRD), and CPR only. Swine were exsanguinated 31% of their blood volume and cardiac arrest induced. Chest compressions began 2 min post-arrest. At 4 min post-arrest, 1 mg epinephrine was administered, and blood specimens collected over 4 min. Resuscitation continued until ROSC or 30 min elapsed.

Results: The Cmax of IV epinephrine was significantly higher than the TIO group (P = 0.049). No other differences in Cmax, Tmax, ROSC, and time to ROSC existed between the epinephrine groups (P > 0.05). Epinephrine levels were detectable in two of seven ETT swine. No significant difference in ROSC existed between the epinephrine groups and CPRD group (P > 0.05). Significant differences in ROSC existed between all groups and the CPR only group (P < 0.05). No significant differences in odds of ROSC were noted.

Conclusions: The pharmacokinetics of IV, HIO, and SIO epinephrine were comparable. Endotracheal epinephrine absorption was highly variable and unreliable compared to IV and IO epinephrine. Epinephrine appeared to have a lesser role than volume replacement in resuscitating TCA.

Conclusion (proposition de traduction) : Les profils pharmacocinétiques de l’adrénaline administrée par voie intraveineuse, intra-osseuse humérale et intra-osseuse sternale étaient comparables. L’absorption par voie endotrachéale était très variable et peu fiable par rapport aux voies intraveineuse et intra-osseuse. L’adrénaline semblait jouer un rôle moins important que e remplissage vasculaire dans la réanimation de l’arrêt cardiaque traumatique.


Commentaire : Cette étude expérimentale apporte un éclairage utile sur un sujet encore controversé : la place de l’adrénaline dans l’arrêt cardiaque traumatique, et surtout la fiabilité réelle des voies alternatives à l’intraveineuse. Les auteurs montrent que, dans un contexte d’hypovolémie sévère, les voies intra-osseuses sternale et humérale offrent des profils d’absorption comparables à la voie IV, tandis que la voie tibiale est plus lente et que la voie endotrachéale reste hautement imprévisible, avec parfois une absence totale de détection plasmatique du médicament.
Sur le plan clinique, le message est clair : si l’adrénaline doit être administrée en l’absence d’accès veineux, les voies intra-osseuses proximales sont préférables, et la voie trachéale ne peut être considérée comme fiable. Mais l’enseignement le plus important dépasse la simple question de la voie d’administration. Dans ce modèle d’arrêt traumatique hémorragique, l’adrénaline n’améliore ni la reprise de circulation ni les délais de réanimation. Ce sont la correction de l’hypovolémie et, le cas échéant, la défibrillation, qui semblent conditionner le succès initial.
L’article remet ainsi en perspective l’application automatique des algorithmes d’ACLS dans l’arrêt cardiaque traumatique. Il renforce l’idée que, dans ce contexte, la priorité doit rester le contrôle des hémorragies et la restauration circulatoire, l’adrénaline n’ayant qu’un rôle secondaire, voire discutable.

Proposé par le docteur Didier THIERCELIN