To ventilate or not to ventilate during bystander CPR - A EuReCa TWO analysis.
Wnent J, Tjelmeland I, Lefering R, Koster RW, Maurer H, Masterson S, Herlitz J, Böttiger BW, Ortiz FR, Perkins GD, Bossaert L, Moertl M, Mols P, Hadžibegović I, Truhlář A, Salo A, Baert V, Nagy E, Cebula G, Raffay V, Trenkler S, Markota A, Strömsöe A, Gräsner JT, national coordinators of EuReCa TWO and local contributors. Resuscitation. 2021;166:101-109
Keywords:
Cardiopulmonary Resuscitation; Emergency Medical Services; Humans; Out-of-Hospital Cardiac Arrest; Registries; Survival Rate; Ventilation; Bystander CPR; Chest-compression only CPR; EuReCa; Full CPR; Out-of-hospital cardiac arrest
Background: Survival after out-of-hospital cardiac arrest (OHCA) is still low. For every minute without resuscitation the likelihood of survival decreases. One critical step is initiation of immediate, high quality cardiopulmonary resuscitation (CPR). The aim of this subgroup analysis of data collected for the European Registry of Cardiac Arrest Study number 2 (EuReCa TWO) was to investigate the association between OHCA survival and two types of bystander CPR namely: chest compression only CPR (CConly) and CPR with chest compressions and ventilations (FullCPR).
Method: In this subgroup analysis of EuReCa TWO, all patients who received bystander CPR were included. Outcomes were return of spontaneous circulation and survival to 30-days or hospital discharge. A multilevel binary logistic regression analysis with survival as the dependent variable was performed.
Results: A total of 5884 patients were included in the analysis, varying between countries from 21 to 1444. Survival was 320 (8%) in the CConly group and 174 (13%) in the FullCPR group. After adjustment for age, sex, location, rhythm, cause, time to scene, witnessed collapse and country, patients who received FullCPR had a significantly higher survival rate when compared to those who received CConly (adjusted odds ration 1.46, 95% confidence interval 1.17-1.83).
Conclusion: In this analysis, FullCPR was associated with higher survival compared to CConly. Guidelines should continue to emphasise the importance of compressions and ventilations during resuscitation for patients who suffer OHCA and CPR courses should continue to teach both.
Conclusion (proposition de traduction) : Dans cette analyse, la réanimation cardio-pulmonaire associant compressions thoraciques et ventilations est associée à une survie plus élevée que la réanimation par compressions thoraciques seules. Les recommandations doivent continuer à souligner l’importance des compressions et des ventilations lors de la réanimation des patients victimes d’un arrêt cardiaque extrahospitalier, et les formations à la RCP doivent continuer à enseigner ces deux composantes.
Commentaire : Cette analyse issue d’EuReCa TWO apporte un éclairage important à un débat ancien et toujours controversé : la place des ventilations dans la réanimation cardio-pulmonaire réalisée par des témoins. En s’appuyant sur un large échantillon multicentrique européen de près de 6 000 patients ayant bénéficié d’une RCP par témoin, l’étude dépasse le cadre des analyses nationales et offre une vision plus globale des pratiques et de leurs résultats en conditions réelles.
Le message principal est clair : la RCP associant compressions et ventilations est associée à une augmentation significative du taux de RACS et de la survie à court terme par rapport aux compressions seules, y compris après ajustement sur les principaux facteurs pronostiques. L’effet observé est modéré mais robuste, cohérent entre les pays et persistant dans les analyses de sensibilité, ce qui renforce la crédibilité du signal malgré la nature observationnelle du travail.
Sur le plan critique, plusieurs limites doivent être prises en compte. Les différences initiales entre les groupes (rythme choquable, caractère présence de témoin, délais d’intervention) exposent à un risque de biais de sélection, et la capacité à réaliser une RCP complète peut être le marqueur indirect d’une meilleure formation ou d’un environnement organisationnel plus performant. L’étude ne permet pas non plus d’identifier précisément quels sous-groupes de patients bénéficient le plus des ventilations, ni d’évaluer la qualité effective des insufflations réalisées.
D’un point de vue pratique, ce travail soutient une position nuancée mais essentielle : les compressions seules restent préférables à l’absence de RCP et constituent une stratégie d’initiation simple et largement diffusable, mais elles ne doivent pas devenir l’horizon exclusif de la formation du grand public. La RCP complète apparaît plus efficace lorsque les témoins sont formés et capables de la réaliser, en particulier dans les contextes où les délais d’intervention des secours sont prolongés ou lorsque l’étiologie de l’arrêt n’est pas strictement cardiaque.
En définitive, cette étude conforte les recommandations européennes actuelles en faveur de l’enseignement des ventilations tout en reconnaissant le rôle pragmatique des compressions seules comme porte d’entrée vers une réanimation plus complète. Elle rappelle surtout que la question n’est pas seulement « ventiler ou non », mais comment former, accompagner et soutenir les témoins pour optimiser l’ensemble de la chaîne de survie.
Proposé par le docteur Didier THIERCELIN
Commentaire : Cette analyse issue d’EuReCa TWO apporte un éclairage important à un débat ancien et toujours controversé : la place des ventilations dans la réanimation cardio-pulmonaire réalisée par des témoins. En s’appuyant sur un large échantillon multicentrique européen de près de 6 000 patients ayant bénéficié d’une RCP par témoin, l’étude dépasse le cadre des analyses nationales et offre une vision plus globale des pratiques et de leurs résultats en conditions réelles.
Le message principal est clair : la RCP associant compressions et ventilations est associée à une augmentation significative du taux de RACS et de la survie à court terme par rapport aux compressions seules, y compris après ajustement sur les principaux facteurs pronostiques. L’effet observé est modéré mais robuste, cohérent entre les pays et persistant dans les analyses de sensibilité, ce qui renforce la crédibilité du signal malgré la nature observationnelle du travail.
Sur le plan critique, plusieurs limites doivent être prises en compte. Les différences initiales entre les groupes (rythme choquable, caractère présence de témoin, délais d’intervention) exposent à un risque de biais de sélection, et la capacité à réaliser une RCP complète peut être le marqueur indirect d’une meilleure formation ou d’un environnement organisationnel plus performant. L’étude ne permet pas non plus d’identifier précisément quels sous-groupes de patients bénéficient le plus des ventilations, ni d’évaluer la qualité effective des insufflations réalisées.
D’un point de vue pratique, ce travail soutient une position nuancée mais essentielle : les compressions seules restent préférables à l’absence de RCP et constituent une stratégie d’initiation simple et largement diffusable, mais elles ne doivent pas devenir l’horizon exclusif de la formation du grand public. La RCP complète apparaît plus efficace lorsque les témoins sont formés et capables de la réaliser, en particulier dans les contextes où les délais d’intervention des secours sont prolongés ou lorsque l’étiologie de l’arrêt n’est pas strictement cardiaque.
En définitive, cette étude conforte les recommandations européennes actuelles en faveur de l’enseignement des ventilations tout en reconnaissant le rôle pragmatique des compressions seules comme porte d’entrée vers une réanimation plus complète. Elle rappelle surtout que la question n’est pas seulement « ventiler ou non », mais comment former, accompagner et soutenir les témoins pour optimiser l’ensemble de la chaîne de survie.