One-Year Outcomes of Coronary Angiography After Out-of-Hospital Cardiac Arrest Without ST Elevation: An Individual Patient Data Meta-Analysis.
Spoormans EM, Thevathasan T, van Royen N, Zwinderman AH, Freund A, Thiele H, Ziesemer K, Desch S, Lemkes JS, COACT and TOMAHAWK Trials Investigators. JAMA Cardiol. 2025;10[8]:779-786
Keywords:
Humans; Out-of-Hospital Cardiac Arrest; Coronary Angiography; Randomized Controlled Trials as Topic; Time-to-Treatment; Female; Time Factors; Male
Importance: Several randomized clinical trials (RCTs) assessed the effect of immediate vs delayed coronary angiography in patients with out-of-hospital cardiac arrest (OHCA) without ST-segment elevations and found no difference in short-term survival. However, the association of these strategies with long-term outcomes and the identification of patient subgroups that might benefit from tailored approaches remain unclear.
Objective: To compare immediate vs delayed or selective coronary angiography treatment strategies for patients with OHCA without ST elevation and the effect on 1-year survival, and identify subgroups that may differ in treatment effect based on patient or clinical features.
Data sources: Ovid MEDLINE, Embase, and Clarivate/Web of Science Core Collection were searched for relevant literature from inception to September 8, 2022.
Study selection: RCTs investigating immediate vs delayed or selective coronary angiography after OHCA without ST-segment elevations and a minimum follow-up period of 1 year. Data were combined using the 1-stage individual participant data meta-analysis (IPDMA) approach.
Data extraction and synthesis: Individual patient data were obtained from RCTs that met the eligibility criteria: COACT (Coronary Angiography After Cardiac Arrest) and TOMAHAWK (Immediate Unselected Coronary Angiography vs Delayed Triage in Survivors of Out-of-Hospital Cardiac Arrest Without ST-Segment Elevation).
Main outcomes and measures: The primary end point was 1-year survival. Secondary outcomes included the identification of variations in treatment effect using subgroup analysis (based on age, sex, arrest rhythm, witnessed arrest, time to basic life support, time to return of spontaneous circulation, and history of coronary artery disease, diabetes, and hypertension) and clinical outcomes (eg, myocardial infarction and heart failure) at 1 year.
Results: For the IPDMA, data were derived from 2 RCTs comprising a total of 1031 patients. In the immediate angiography group, 259 of 522 (49.6%) survived until 1 year vs 272 of 509 (53.4%) in the delayed or selective angiography group (stratified by randomized trial; hazard ratio, 1.15 [95% CI, 0.96-1.37). No treatment-by-subgroup interactions were identified that suggested heterogeneity between the 2 groups (P values for interaction ranged from P = .26 to P = .91 across subgroups).
Conclusions and relevance: In this IPDMA of 2 RCTs, there was no benefit of immediate coronary angiography compared with a delayed or selective strategy during 1-year follow-up in successfully resuscitated patients with OHCA without ST-segment elevations. No subgroup of patients was identified that showed a differential treatment effect.
Trial registration: PROSPERO Identifier: CRD42022346559; COACT Netherlands Trial Register Identifier: NTR4973; TOMAHAWK ClinicalTrials.gov Identifier: NCT02750462.
Conclusion (proposition de traduction) : Dans cette méta-analyse de données individuelles issue des essais randomisés COACT et TOMAHAWK, aucune amélioration de la survie à un an n’a été observée avec une stratégie de coronarographie immédiate par rapport à une approche différée ou sélective chez les patients réanimés après un arrêt cardiaque extra-hospitalier sans sus-décalage du segment ST. Aucun sous-groupe de patients, défini par des caractéristiques démographiques, cliniques ou liées à l’arrêt, ne semble tirer un bénéfice particulier d’une stratégie invasive précoce.
Commentaire : Cette méta-analyse de données individuelles, fondée sur deux essais randomisés majeurs totalisant plus de 1 000 patients, apporte l’un des niveaux de preuve les plus élevés disponibles sur la question de la coronarographie systématique après arrêt cardiaque sans STEMI. La méthodologie est particulièrement solide, avec une harmonisation des données, une analyse en intention de traiter, des modèles de Cox stratifiés et une exploration approfondie des interactions de sous-groupes. Le message principal est remarquablement cohérent : ni la survie à un an, ni les événements cardiaques ultérieurs (infarctus, insuffisance cardiaque) ne sont améliorés par une stratégie invasive immédiate. Surtout, l’étude ne parvient pas à identifier de profil de patient chez qui cette approche serait clairement bénéfique, malgré l’analyse de multiples variables (âge, sexe, rythme initial, délai de RACS, antécédents coronariens). Ce travail met en lumière un point souvent sous-estimé : dans près de la moitié des cas, la cause du décès reste neurologique, et non cardiaque, ce qui limite mécaniquement l’impact potentiel d’une revascularisation précoce.
En pratique, cet article soutient une approche plus nuancée et individualisée de la coronarographie post-arrêt cardiaque, laissant la place à une évaluation clinique différée sans compromettre le pronostic à moyen terme. Il contribue à déplacer le centre de gravité de la prise en charge vers l’optimisation des soins post-RACS (neuroprotection, hémodynamique, ventilation, pronostic neurologique), plutôt que vers une stratégie invasive systématique.
Commentaire : Ce protocole décrit un essai randomisé multicentrique méthodologiquement solide, ciblant volontairement une population intermédiaire souvent négligée dans les grandes études sur la gestion de la température : les patients présentant un syndrome post-arrêt cardiaque de sévérité modérée, définie par le score rCAST. Le choix d’un critère principal neurologique à 30 jours, l’aveugle des évaluateurs, la randomisation stratifiée et le dimensionnement statistique rigoureux renforcent la crédibilité du futur signal clinique. L’intérêt majeur de ce travail est conceptuel : plutôt que de comparer une fois de plus hypothermie et normothermie dans une population hétérogène, il propose une approche « stratifiée », fondée sur la gravité initiale. L’hypothèse sous-jacente est que les bénéfices potentiels de l’hypothermie pourraient être masqués dans les essais globaux par l’inclusion de patients trop peu sévères ou, à l’inverse, déjà irréversiblement atteints.
En pratique, cet essai pourrait aider à sortir du débat binaire « hypothermie oui/non » pour aller vers une médecine post-arrêt cardiaque plus personnalisée, intégrant la sévérité physiologique, les marqueurs biologiques précoces et le pronostic neurologique attendu. Même sans résultats disponibles, cet article a une vraie valeur pour la réflexion clinique car il formalise une évolution majeure du raisonnement : adapter les stratégies neuroprotectrices au profil du patient plutôt que d’appliquer des cibles thermiques uniformes.