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Dernière mise à jour le 11 mars 2026

Bibliographie sur l'arrêt cardiaque

Resuscitation
Early intramuscular adrenaline administration is associated with improved survival from out-of-hospital cardiac arrest.
Palatinus HN, Johnson MA, Wang HE, Hoareau GL, Youngquist ST. Resuscitation. 2024;201:110266
DOI: 10.1016/j.resuscitation.2024.110266

Background: Early administration of adrenaline is associated with improved survival after out-of-hospital cardiac arrest (OHCA). Delays in vascular access may impact the timely delivery of adrenaline. Novel methods for administering adrenaline before vascular access may enhance survival. The objective of this study was to determine whether an initial intramuscular (IM) adrenaline dose followed by standard IV/IO adrenaline is associated with improved survival after OHCA.

Methods study design: We conducted a before-and-after study of the implementation of an early, first-dose IM adrenaline EMS protocol for adult OHCAs. The pre-intervention period took place between January 2010 and October 2019. The post-intervention period was between November 2019 and May 2024.

Setting: Single-center urban, two-tiered EMS agency.

Participants: Adult, nontraumatic OHCA meeting criteria for adrenaline use.

Intervention: Single dose (5 mg) IM adrenaline. All other care, including subsequent IV or IO adrenaline, followed international guidelines.

Main outcomes and measures: The primary outcome was survival to hospital discharge. Secondary outcomes were time from EMS arrival to the first dose of adrenaline, survival to hospital admission, and favorable neurologic function at discharge.

Results: Among 1405 OHCAs, 420 (29.9%) received IM adrenaline and 985 (70.1%) received usual care. Fifty-two patients received the first dose of adrenaline through the IV or IO route within the post-intervention period and were included in the standard care group analysis. Age was younger and bystander CPR was higher in the IM adrenaline group. All other characteristics were similar between IM and standard care cohorts. Time to adrenaline administration was faster for the IM cohort [(median 4.3 min (IQR 3.0-6.0) vs. 7.8 min (IQR 5.8-10.4)]. Compared with standard care, IM adrenaline was associated with improved survival to hospital admission (37.1% vs. 31.6%; aOR 1.37, 95% CI 1.06-1.77), hospital survival (11.0% vs 7.0%; aOR 1.73, 95% CI 1.10-2.71) and favorable neurologic status at hospital discharge (9.8% vs 6.2%; aOR 1.72, 95% CI 1.07-2.76).

Conclusion: In this single-center before-and-after implementation study, an initial IM dose of adrenaline as an adjunct to standard care was associated with improved survival to hospital admission, survival to hospital discharge, and functional survival. A randomized controlled trial is needed to fully assess the potential benefit of IM adrenaline delivery in OHCA.

Conclusion (proposition de traduction) : Dans cette étude de mise en œuvre avant-après menée dans un centre unique, l’administration d’une première dose d’adrénaline par voie intramusculaire, en complément des soins ACLS standards, était associée à une amélioration de la survie à l’admission, de la survie jusqu’à la sortie de l’hôpital et de la survie avec un bon pronostic fonctionnel. Compte tenu des limites du design avant-après, ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Des essais randomisés contrôlés sont nécessaires pour évaluer pleinement le bénéfice potentiel de l’adrénaline intramusculaire dans l’arrêt cardiaque extra-hospitalier.


Commentaire : Cette étude avant-après, menée sur plus de 1 400 arrêts cardiaques extra-hospitaliers pris en charge par un service EMS urbain, explore une stratégie simple mais potentiellement transformative : administrer une première dose d’adrénaline par voie intramusculaire (5 mg) en parallèle des tentatives d’accès vasculaire. La méthodologie repose sur une comparaison observationnelle ajustée (régression logistique multivariée) entre une période « standard » IV/IO et une période « IM », avec un bon taux d’adhésion au protocole (89 %). Les résultats sont cohérents : l’IM permet une administration plus rapide (gain médian ≈ 3,5 min) et s’associe à une amélioration significative de la survie à l’admission, de la survie hospitalière et du pronostic neurologique. Les limites sont classiques : absence de randomisation, risque de biais temporels, confusion résiduelle (augmentation de la RCP par témoins, population plus jeune), et impossibilité d’isoler l’effet pharmacologique pur du simple effet « précocité ». Néanmoins, le message pratique est fort : dans un contexte où l’accès IV/IO est souvent retardé ou difficile, l’IM offre une voie rapide, universelle et déjà maîtrisée par les équipes BLS/ALS.
L’article ouvre la voie à une reconfiguration pragmatique de la séquence médicamenteuse en arrêt cardiaque, en particulier dans les systèmes préhospitaliers à réponse échelonnée, et pose les bases physiologiques et organisationnelles pour des essais randomisés évaluant l’IM comme stratégie d’adrénaline ultra-précoce.

Proposé par le docteur Didier THIERCELIN