Background: Each year, approximately 84 out of 100 000 individuals in Europe sustain a cardiac arrest; many die or suffer long-term neurological injury. Early prognostication can be of assistance for treatment planning and for the holding of evidencebased discussions with these patients' families to make decisions about treatment.
Methods: This narrative review is based on pertinent guidelines and on publications retrieved by a selective search in Medline/ PubMed.
Results: The survival rate of in-hospital cardiac arrest (IHCA) is 15-34%, that of out-of-hospital cardiac arrest (OHCA) approximately 10%. Survivors have an elevated risk of severe neurological injury: 22.9% (IHCA) and 67.7% (OHCA) go on to die in an intensive care unit of severe brain damage. Among those who are still alive one year after cardiac arrest, 83.3% have a good neurological outcome (cerebral performance category [CPC] score, 1-2), although many suffer from post-intensive care syndrome. Early prognostication is generally difficult, and an initial assessment can often only be made 72 hours or more after the event, on the basis of multimodal diagnostic testing. Risk models and biomarkers are available as aids to early prognostication but have not yet come into broad use.
Conclusion: Many successfully resuscitated patients die shortly thereafter. Those who survive for one year generally have good neurological function. Early prognostication is of fundamental importance for decision-making about continuing treatment or whether resuscitation should be attempted again in the case of a second arrest. Physicians communicating with the affected patients and their families should also be mindful of the commonly associated emotional stress.
Conclusion (proposition de traduction) : Seule une minorité de patients survivent jusqu’à la sortie de l’hôpital après un arrêt cardiaque. Cependant, ceux qui franchissent cette phase critique et peuvent rentrer à domicile présentent souvent un bon pronostic à long terme. Chez les patients restant dans le coma, une évaluation pronostique fiable et multimodale est essentielle et ne doit pas être réalisée avant 72 heures après l’arrêt cardiaque. Les survivants et leurs proches présentent fréquemment des réactions psychosociales prolongées, qu’il est important d’identifier dans le cadre du suivi post-réanimation afin de proposer des prises en charge adaptées.
Commentaire : Cette revue narrative propose une synthèse large et structurée des données contemporaines sur le devenir des patients après arrêt cardiaque, en s’appuyant sur les recommandations européennes et une littérature récente jusqu’en 2025. Elle rappelle que la survie hospitalière reste faible, en particulier après un arrêt extra-hospitalier, mais que les survivants à un an présentent majoritairement un bon état neurologique. L’article insiste sur la difficulté de la neuroprognostication précoce et sur la nécessité d’une approche multimodale à partir de 72 heures, intégrant examen clinique, EEG, potentiels évoqués, imagerie cérébrale et biomarqueurs comme la NSE. Il met en garde contre le risque de « prophétie auto-réalisatrice », où une estimation trop pessimiste conduit à l’arrêt prématuré des traitements.
Sur le plan pratique, ce travail renforce l’importance de temporiser les décisions de limitation thérapeutique, d’utiliser des critères objectifs et combinés, et d’intégrer les souhaits du patient. L’article élargit également la perspective en soulignant le poids du syndrome post-réanimation (PICS) chez les survivants et leurs proches, avec une prévalence élevée de troubles anxio-dépressifs et de stress post-traumatique, justifiant un suivi structuré après la phase aiguë. Il ne s’agit pas d’un article « interventionnel », mais d’un cadre de réflexion essentiel pour comprendre les enjeux pronostiques, éthiques et humains de la prise en charge post-arrêt cardiaque.