Objective: Obtaining vascular access during out-of-hospital cardiac arrest (OHCA) is challenging. The aim of this study was to determine if using intraosseous (IO) access when intravenous (IV) access fails improves outcomes.
Methods: This was a prospective, parallel-group, cluster-randomised study that compared 'IV only' against 'IV + IO' in OHCA patients, where if 2 IV attempts failed or took more than 90 s, paramedics had 2 further attempts of IO. Primary outcome was any return of spontaneous circulation (ROSC). Secondary outcomes were insertion success rate, adrenaline administration, time to adrenaline and survival outcome.
Results: A total of 1007 patients were included in the analysis. An Intention To Treat analysis showed a significant difference in success rates of obtaining vascular access in the IV + IO arm compared to the IV arm (76.6% vs 61.1% p = 0.001). There were significantly more patients in the IV + IO arm than the IV arm being administered prehospital adrenaline (71.3% vs 55.4% p = 0.001). The IV + IO arm also received adrenaline faster compared to the IV arm in terms of median time from emergency call to adrenaline (23 min vs 25 min p = 0.001). There was no significant difference in ROSC (adjusted OR 0.99 95%CI: 0.75-1.29), survival to discharge or survival with CPC 2 or better in both groups. A Per Protocol analysis also showed there was higher success in obtaining vascular access in the IV + IO arm, but ROSC and survival outcomes were not statistically different.
Conclusion: Using IO when IV failed led to a higher rate of vascular access, prehospital adrenaline administration and faster adrenaline administration. However, it was not associated with higher ROSC, survival to discharge, or good neurological outcome.
Conclusion (proposition de traduction) : Le recours à l'accès intra-osseux en cas d'échec de l'accès intraveineux a permis d'obtenir un taux plus élevé d'accès vasculaire, d'administration préhospitalière d'adrénaline et d'administration plus rapide de l'adrénaline. Cependant, cette stratégie n'a pas été associé à un taux plus élevé de retour à une circulation spontanée (RACS), de survie à la sortie de l'hôpital ou de bons pronostics neurologiques.
Commentaire : Il s’agit d’un essai prospectif, randomisé en grappes, incluant plus de 1 000 arrêts cardiaques extrahospitaliers pris en charge par les services de secours de Singapour. Les ambulances appliquaient soit une stratégie « IV seule », soit une stratégie « IV + IO » après deux échecs ou 90 secondes de tentative IV. La méthodologie est solide (randomisation stratifiée, analyse en intention de traiter, ajustement multivarié), mais la conformité au protocole est imparfaite : près de 40 % des patients du groupe IV+IO n’ont finalement pas reçu d’IO, ce qui dilue l’effet attendu.
Les résultats montrent clairement un bénéfice logistique : davantage d’accès vasculaires réussis, plus d’adrénaline administrée et des délais légèrement raccourcis. En revanche, aucun impact n’est observé sur le RACS, la survie ou le pronostic neurologique. Pire, une tendance à une survie plus faible dans le groupe IV+IO est évoquée, possiblement liée à un allongement du temps passé sur place ou à une complexification de la prise en charge.
Sur le plan pratique, cette étude suggère que la voie intra-osseuse utilisé tardivement comme « solution de rattrapage » n’apporte pas de bénéfice clinique tangible. Elle renforce l’idée que le facteur clé n’est pas seulement l’accès vasculaire, mais surtout la précocité de l’administration de l’adrénaline, intégrée dans une RCP de haute qualité, sans retarder l’évacuation.