The association of prehospital advanced airway management time and outcome in out-of hospital cardiac arrest patients.
Huabbangyang T, Papukdee P, Klaiangthong R, Jaibergban F, Paharat P, Doungkaew P, Chanthep F, Suntimetaneedol M, Chuanart S. Sci Rep. 2026;:
Keywords:
Airway management; Cardiac arrest; Cardiopulmonary resuscitation; Emergency medical services; Resuscitation
Editorial: Currently, there is limited evidence regarding the optimal duration of advanced airway management (AAM) with endotracheal intubation in out-of-hospital cardiac arrest (OHCA), particularly in the complex setting of prehospital on-scene management. The current study examined the association between the AAM time (≤ 2, 2–4, 4–6, and > 6 min) provided by the emergency medical service (EMS) team and patient outcomes. We attempted to replicate the chest compression assessment cycle, performing evaluations every 2 min. The primary outcome was survival to hospital discharge. The secondary outcome was sustained return of spontaneous circulation (ROSC) at the scene, defined as continuous ROSC for > 20 min. Data on all adult patients aged > 18 years who experienced non-traumatic out-of-hospital cardiac arrest (OHCA) and met the eligibility criteria were collected from EMS patient care reports. Data on survival to hospital discharge were obtained from the electronic medical records. The association between AAM time and survival to hospital discharge and sustained ROSC at the scene was examined via univariable and multivariable analyses. Approximately 50% of patients received AAM within ≤ 2 min, 16.05% within 2–4 min, 9.74% within 4–6 min, and 24.21% after > 6 min. Sustained ROSC at the scene occurred in 39.7% of patients. When classified by AAM time, sustained ROSC rates were 36.2%, 42.6%, 41.2%, and 44.3%, while survival to hospital discharge was 4.2%, 3.3%, 4.1%, and 8.7%, respectively. There was no significant difference in sustained ROSC by AAM time. Among patients with shockable rhythms, AAM at 4–6 and > 6 min was associated with 1.23-fold and 1.28-fold increased ROSC likelihood compared to ≤ 2 min; for non-shockable rhythms, the likelihoods were 1.11, 1.15, and 0.95, respectively. Regarding survival to discharge, shockable-rhythm patients receiving AAM at 4–6 and > 6 min had 1.3-fold and 1.86-fold increased likelihoods compared to 2–4 min. For non-shockable rhythms, AAM at 2–4, 4–6, and > 6 min was associated with 0.48, 1.89, and 3.44-fold likelihoods of survival, respectively, compared to ≤ 2 min. In this retrospective cohort, patients with non-shockable rhythms appeared to have higher survival among those who received AAM later (> 6 min); however, this pattern may largely reflect survivorship bias and residual confounding rather than any beneficial effect of delaying AAM. In contrast, earlier AAM did not show a clear survival advantage in patients with shockable rhythms. These associations should therefore not be interpreted as causal or as evidence that AAM timing is a modifiable determinant of outcomes. Instead, the findings are exploratory and hypothesis-generating, underscoring the need for prospective studies with appropriate adjustment for time-dependent confounding to clarify the true relationship between AAM timing and survival.
Conclusion: In this retrospective cohort, patients with non-shockable rhythms appeared to have higher survival among those who received AAM later (>6 minutes); however, this pattern may largely reflect survivorship bias and residual confounding rather than any beneficial effect of delaying AAM. In contrast, earlier AAM did not show a clear survival advantage in patients with shockable rhythms. These associations should therefore not be interpreted as causal or as evidence that AAM timing is a modifiable determinant of outcomes. Instead, the findings are exploratory and hypothesis-generating, underscoring the need for prospective studies with appropriate adjustment for time-dependent confounding to clarify the true relationship between AAM timing and survival.
Conclusion (proposition de traduction) : Dans cette cohorte rétrospective, les patients présentant des rythmes non choquables semblaient avoir une meilleure survie lorsqu’une prise en charge avancée des voies aériennes avec intubation était réalisée tardivement (> 6 minutes). Toutefois, cette observation reflète probablement surtout un biais de survie et des facteurs de confusion résiduels, plutôt qu’un réel bénéfice du retard de la prise en charge avancée des voies aériennes avec intubation. À l’inverse, la réalisation précoce de la prise en charge avancée des voies aériennes avec intubation n’était pas associée à un avantage clair de survie chez les patients avec des rythmes choquables. Ces associations ne doivent donc pas être interprétées comme causales ni comme la preuve que le délai d’intubation est un facteur modifiable du pronostic. Les résultats sont exploratoires et générateurs d’hypothèses, soulignant la nécessité d’études prospectives tenant compte des biais temporels pour clarifier la relation réelle entre le timing de la prise en charge avancée des voies aériennes avec intubation et la survie.
Commentaire : Cette étude thaïlandaise, portant sur plus de 1 500 arrêts cardiaques pris en charge par un même service de secours, explore un sujet souvent débattu mais rarement analysé avec autant de transparence méthodologique : le moment optimal pour réaliser une intubation trachéale en préhospitalier. L’approche statistique est rigoureuse pour une cohorte rétrospective, avec ajustements multivariés, mais les auteurs reconnaissent explicitement les limites majeures liées aux biais de survie et à l’absence de modélisation du temps comme variable dépendante. Le signal principal – une survie apparemment meilleure chez les patients non choquables intubés tardivement – est interprété avec prudence, comme le reflet probable d’un phénomène de sélection : seuls les patients survivant suffisamment longtemps peuvent recevoir une intubation retardée. L’absence de bénéfice clair de l’intubation précoce, notamment chez les rythmes choquables, renforce l’idée que la priorité doit rester la qualité des compressions, la défibrillation rapide et la limitation des interruptions.
Ce travail n’apporte pas de preuve pour modifier les algorithmes, mais il contribue utilement à désacraliser le « timing de l’intubation » comme levier majeur de survie. Il soutient une vision plus systémique de la RCP, où la gestion des voies aériennes est une composante parmi d’autres, dépendante du contexte, de l’expertise des équipes et du maintien d’une compression efficace.
En pratique, l’article renforce une approche pragmatique : intuber quand cela est techniquement pertinent et faisable sans dégrader la RCP, plutôt que chercher un moment théoriquement « optimal ».
Commentaire : Il s’agit d’une revue narrative experte, non systématique, s’appuyant sur la littérature physiopathologique, expérimentale et clinique disponible, avec un niveau de preuve global modéré mais une grande cohérence conceptuelle ; la méthodologie est adaptée à l’objectif de synthèse, même si l’absence de méta-analyse et la forte hétérogénéité des études disponibles limitent toute conclusion prescriptive, et les auteurs soulignent eux-mêmes les biais majeurs liés à la difficulté de mesurer la ventilation réelle pendant la RCP et à la faible qualité des données cliniques. Sur le plan pratique, cet article est particulièrement structurant car il déplace clairement le paradigme : la ventilation n’est plus un simple geste accessoire de la RCP mais un déterminant physiologique potentiellement majeur, susceptible d’altérer la perfusion, la ventilation cérébrale et la survie lorsqu’elle est inadéquate. Il met en évidence que les recommandations actuelles reposent sur des bases fragiles, que la ventilation réelle délivrée est souvent éloignée des cibles théoriques, et que des concepts émergents tels que le monitorage avancé, le feedback en temps réel, l’analyse des capnogrammes et une approche personnalisée pourraient profondément modifier la pratique future. Le thème central de l’article est l’optimisation de la ventilation pendant l’arrêt cardiaque par une approche physiologique et technologique, et il constitue une référence éditoriale majeure pour comprendre pourquoi la ventilation est probablement l’un des prochains leviers d’amélioration des résultats de la réanimation cardio-pulmonaire.