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Dernière mise à jour le 16 mars 2026

Bibliographie sur l'arrêt cardiaque

Mois de Janvier 2019

PloS one
Application of mechanical cardiopulmonary resuscitation devices and their value in out-of-hospital cardiac arrest: A retrospective analysis of the German Resuscitation Registry.
Seewald S, Obermaier M, Lefering R, Bohn A, Georgieff M, Muth CM, Gräsner JT, Masterson S, Scholz J, Wnent J. PLoS One. 2019;14[1]:e0208113
DOI: 10.1371/journal.pone.0208113

Background: Cardiac arrest is an event with a limited prognosis which has not substantially changed since the first description of cardiopulmonary resuscitation (CPR) in 1960. A promising new treatment approach may be mechanical CPR devices (mechanical CPR).

Methods: In a retrospective analysis of the German Resuscitation Registry between 2007-2014, we examined the outcome after using mechanical CPR on return of spontaneous circulation (ROSC) in adults with out-of-hospital cardiac arrest (OHCA). We compared mechanical CPR to manual CPR. According to preclinical risk factors, we calculated the predicted ROSC-after-cardiac-arrest (RACA) score for each group and compared it to the rate of ROSC observed. Using multivariate analysis, we adjusted the influence of the devices' application on ROSC for epidemiological factors and therapeutic measures.

Results: We included 19,609 patients in the study. ROSC was achieved in 51.5% of the mechanical CPR group (95%-CI 48.2-54.8%, ROSC expected 42.5%) and in 41.2% in the manual CPR group (95%-CI 40.4-41.9%, ROSC expected 39.2%). After multivariate adjustment, mechanical CPR was found to be an independent predictor of ROSC (OR 1.77; 95%-CI 1.48-2.12). Duration of CPR is a key determinant for achieving ROSC.

Conclusions: Mechanical CPR was associated with an increased rate of ROSC and when adjusted for risk factors appeared advantageous over manual CPR. Mechanical CPR devices may increase survival and should be considered in particular circumstances according to a physicians' decision, especially during prolonged resuscitation.

Conclusion (proposition de traduction) : La RCP mécanique était associée à un taux plus élevé de retour à une circulation spontanée (ROSC) et, après ajustement sur les facteurs de risque, semblait présenter un avantage par rapport à la RCP manuelle. Les dispositifs de RCP mécanique pourraient améliorer la survie et devraient être envisagés dans certaines situations particulières, selon la décision du médecin, notamment lors des réanimations prolongées.


Commentaire : Cette étude observationnelle, fondée sur plus de 19 000 arrêts cardiaques extrahospitaliers issus du registre allemand, suggère que l’utilisation de dispositifs de compression thoracique mécaniques est associée à une augmentation du taux de RACS par rapport à la RCP manuelle, y compris après ajustement sur les facteurs pronostiques et les interventions préhospitalières. L’intérêt principal de ce travail réside dans son ancrage en conditions réelles, avec des données reflétant la pratique quotidienne des équipes de secours, et dans l’utilisation du score RACA pour comparer les taux de RACS observés aux taux attendus. Néanmoins, la nature rétrospective expose à des biais de sélection importants : les dispositifs sont plus souvent utilisés chez des patients plus jeunes, avec arrêt cardiaque devant témoin, fibrillation ventriculaire initiale et prise en charge plus agressive, autant de facteurs déjà associés à un meilleur pronostic. De plus, le critère principal reste le RACS, paramètre intermédiaire qui ne préjuge ni de la survie à long terme ni du devenir neurologique, faute de données de suivi hospitalier.
Sur le plan pratique, ces résultats soutiennent une utilisation ciblée des dispositifs mécaniques, notamment lors de réanimations prolongées ou dans des contextes logistiques complexes, mais ne justifient pas leur emploi systématique. La décision doit rester individualisée, en tenant compte des interruptions induites par la mise en place du dispositif, des contre-indications anatomiques ou traumatiques, et de la qualité de la RCP manuelle déjà assurée.

Proposé par le docteur Didier THIERCELIN