Study objectives: Ventricular fibrillation (VF) is traditionally identified on ECG but echocardiography can visualize myocardial fibrillation. The prevalence and importance of occult VF defined as a nonshockable ECG rhythm but VF by echocardiography is unknown.
Methods: In this multicenter, prospective study, emergency department patients presenting following out-of-hospital cardiac arrest were eligible for inclusion if echocardiography and ECG were performed simultaneously. Recorded echocardiography and ECG were interpreted separately by physicians blinded to all patient and resuscitation information. The primary outcome was percentage of occult VF. The secondary outcomes included survival to hospital discharge, termination of defibrillated VF, and return of spontaneous circulation (ROSC). Termination of VF is described as a postdefibrillation change in ECG rhythm to a nonshockable rhythm. Multivariate modeling accounted for confounding variables.
Results: Of 811 patients enrolled, 5.3% (95% confidence interval [CI] 3.9 to 7.1) demonstrated occult VF. An additional 24.9% (95% CI 22.1 to 28.0) demonstrated ECG VF. Of the patients with occult VF, 81.4% demonstrated ECG pulseless electrical activity (PEA) and 18.6% demonstrated ECG asystole. Occult VF was less likely to be defibrillated compared with ECG VF. Defibrillation was not significantly more likely to terminate occult VF (75.0% vs 55.6%; odds ratio [OR], 2.3; 95% CI 0.42 to 15.24). ROSC was not statistically different for occult VF compared with ECG VF (39.5% vs 24.8%; OR, 2.26; 95% CI 0.87 to 5.9). Survival to hospital discharge was no different for patients with occult VF compared with ECG VF (7.0% vs 5.4%; OR, 3.6; 95% CI 0.63 to 19.2) despite fewer defibrillation attempts for patients with occult VF.
Conclusion: Occult VF was seen in 5.3% of patients following out-of-hospital cardiac arrest. Recognizing and treating occult VF who otherwise would have been treated as PEA or asystole led to survival outcomes indistinguishable to traditionally recognized VF.
Conclusion (proposition de traduction) : La fibrillation ventriculaire occulte a été observée chez 5,3 % des patients après un arrêt cardiaque extrahospitalier. L’identification et le traitement de cette fibrillation ventriculaire occulte, qui aurait autrement été prise en charge comme une activité électrique sans pouls ou une asystolie, ont conduit à des résultats de survie comparables à ceux des fibrillations ventriculaires classiquement reconnues.
Commentaire : Cette étude prospective multicentrique apporte des données robustes sur un phénomène jusqu’ici peu quantifié : la fibrillation ventriculaire occulte, non détectée à l’ECG mais visible à l’échocardiographie. En montrant qu’environ 1 patient sur 20 en arrêt cardiaque présente ce type de rythme, les auteurs remettent en question la fiabilité exclusive de l’ECG pour l’identification des rythmes choquables. Le fait que la survie des patients avec fibrillation ventriculaire occulte soit comparable à celle des patients avec fibrillation ventriculaire classique souligne l’importance clinique de cette entité.
L’article met également en évidence une sous-utilisation de la défibrillation chez ces patients, probablement liée à une méconnaissance ou à une difficulté d’interprétation échographique en situation de stress. Les limites principales résident dans le risque de biais de sélection, la variabilité inter-observateurs et le manque de données neurologiques à long terme. Néanmoins, l’étude renforce l’intérêt de l'échographie au point d'intervention dans l'arrêt cardiaque et plaide pour une formation spécifique à la reconnaissance échocardiographique de la fibrillation ventriculaire. Elle ouvre la voie à une réanimation plus personnalisée, fondée sur la physiologie réelle plutôt que sur la seule lecture du tracé ECG.