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Dernière mise à jour le 10 janvier 2026

Bibliographie sur l'arrêt cardiaque

Academic emergency medicine
Optimal timing for epinephrine administration in adult patients with out-of-hospital cardiac arrest: A retrospective observational study.
Sakamoto K, Yasuda H, Shinzato Y, Kishihara Y, Amagasa S, Kashiura M, Moriya T. Acad Emerg Med. 2025;32[6]:659-667
DOI: 10.1111/acem.15089

Background: This study aimed to clarify the appropriate timing for epinephrine administration in adults with out-of-hospital cardiac arrest (OHCA), particularly those cases with nonshockable rhythms, by addressing resuscitation time bias.

Methods: We performed a retrospective observational study utilizing a multicenter OHCA registry involving 95 hospitals in Japan between June 2014 and December 2020. We included patients with OHCA and nonshockable rhythms who received epinephrine during resuscitation. The primary and secondary outcomes were favorable 30-day neurological status and survival, respectively. A favorable neurological outcome was defined as a cerebral performance category score of 1 or 2. The time from emergency medical service (EMS) personnel contact to epinephrine administration was categorized in 5-min intervals. We used the Fine-Gray regression to calculate the time-dependent propensity score in each group. After risk set matching, we employed a generalized estimating equation (GEE) to adjust for within-patient clustering.

Results: A total of 36,756 patients were included in the analysis. When involving timing variables and GEE, epinephrine administration significantly affected favorable 30-day neurological status at 1-5 and 6-10 min, with risk ratios (RR; 95% confidence intervals [CIs]) of 9.36 (1.19-73.7) and 3.67 (1.89-7.14), respectively. Epinephrine administration significantly affected 30-day survival at 1-5, 6-10, 11-15, and 16-20 min, with RRs (95% CIs) of 2.33 (1.41-3.85), 2.09 (1.65-2.65), 1.64 (1.32-2.05), or 1.70 (1.29-2.25), respectively.

Conclusions: Epinephrine administration within 10 min of EMS personnel contact may be associated with favorable neurological outcomes in patients with OHCA and nonshockable rhythms.

Conclusion (proposition de traduction) : L’administration précoce d’adrénaline est significativement associée à de meilleurs résultats neurologiques et à une survie à 30 jours chez les adultes en arrêt cardiaque extra-hospitalier présentant des rythmes non choquables.


Commentaire : Cette vaste étude japonaise, incluant plus de 36 000 patients issus d’un registre national multicentrique, apporte l’un des arguments observationnels les plus solides en faveur d’une administration précoce de l’adrénaline dans les arrêts cardiaques à rythme non choquable. La méthodologie se distingue par l’utilisation d’un score de propension dépendant du temps et d’un appariement par ensembles de risque, permettant de limiter le biais majeur des études antérieures : le « resuscitation time bias », qui pénalise artificiellement les patients recevant les traitements tardivement. Les résultats montrent un signal clair : lorsque l’adrénaline est administrée dans les 10 premières minutes après le contact des secours, les chances de bon pronostic neurologique sont nettement supérieures, avec un effet également observé sur la survie jusqu’à 20 minutes. L’étude suggère ainsi l’existence d’une véritable « fenêtre thérapeutique », comparable à celle observée pour la thrombolyse dans l’AVC.
Sur le plan pratique, ce travail renforce l’idée que, dans les rythmes non choquables, l’adrénaline doit être considérée comme une priorité précoce, au même titre que la RCP de qualité, et probablement avant la mise en place d’une voie aérienne avancée. Il ne s’agit pas de multiplier les doses, mais d’administrer la première injection suffisamment tôt pour influencer la perfusion coronaire et cérébrale pendant la phase encore réversible de l’arrêt. L’article contribue ainsi à faire évoluer la réflexion sur l’adrénaline : non plus seulement comme un traitement « systématique », mais comme un levier temporellement sensible, dont l’efficacité dépend étroitement du moment d’administration.

BMC emergency medicine
Influence of different relationships of bystanders to out-of-hospital cardiac arrest patients on the effectiveness of dispatcher-assisted CPR.
Chien LT, Huang CH, Yeh HT, Ng CJ, Wang MF, Chen CB, Tsai SL, Tsai LH, Chang KW, Chien CY, Chang CT. BMC Emerg Med. 2025;25[1]:90
DOI: 10.1186/s12873-025-01244-6

Background: Dispatcher-assisted cardiopulmonary resuscitation (DA-CPR) significantly improves CPR performance by bystanders, increasing the survival of patients. However, emotional stress among family members witnessing out-of-hospital cardiac arrest (OHCA) may hinder their ability to effectively perform CPR, leading to delayed and poorer quality CPR. The influence of the relationships of callers to patients (i.e., family members, friends, and strangers) on DA-CPR outcomes remains insufficiently explored.

Materials and methods: This retrospective observational study analyzed the data of nontraumatic OHCA cases in Taoyuan City, Taiwan, from August 2021 to January 2023. Data from the registries of emergency medical services and emergency call recordings were examined. Relationships of callers to patients, emotional barriers, time metrics (time to CPR instruction initiation and first compression), and barriers to DA-CPR success were evaluated. Associations between callers' relationships to patients and DA-CPR performance were analyzed through multivariable logistic regression.

Results: Among 1,036 nontraumatic OHCA cases, 59.3% of callers were family members, 13.6% were friends, and 27.1% were strangers. Cardiac arrest recognition rates were lower for family members (68.2%) than for strangers (84.0%) (p < 0.001). Time to CPR instruction (117 vs. 91 s, p = 0.034) and the first chest compression (200 vs. 179 s, p = 0.018) were significantly delayed for family members. For family members, emotional stress and protocol nonadherence were the main barriers to CPR performance.

Conclusion: The relationship of the caller to the patient significantly influences DA-CPR outcomes. Family members experience increased emotional stress, resulting in delays and decreased recognition rates. Targeted family-centered education and enhanced dispatcher support are essential to address these challenges and improve the survival outcomes of patients with OHCA.

Conclusion (proposition de traduction) : Cette étude montre que la relation entre l’appelant et le patient influence significativement la reconnaissance de l’arrêt cardiaque et la mise en œuvre de la RCP assistée par le régulateur. Les membres de la famille présentent généralement un stress émotionnel plus important, des performances inférieures sur les indicateurs clés et des délais plus longs que les amis ou les témoins inconnus. Des programmes de formation ciblés pour les familles, associés à un soutien structuré des régulateurs, sont indispensables pour dépasser ces obstacles et améliorer les résultats lors des arrêts cardiaques extra-hospitaliers.


Commentaire : Cette étude observationnelle rétrospective taïwanaise, basée sur l’analyse détaillée de plus de 1 000 enregistrements d’appels d’urgence, met en évidence un facteur souvent négligé dans la chaîne de survie : la charge émotionnelle liée au lien affectif entre le témoin et la victime. La méthodologie est robuste pour ce type de recherche, combinant données EMS, analyse audio standardisée et régression logistique multivariée ajustée sur les principaux facteurs de confusion (âge, sexe, lieu, délai d’intervention, score émotionnel). Les résultats montrent de façon cohérente que les membres de la famille reconnaissent moins bien l’arrêt cardiaque, évaluent moins précisément la respiration et initient plus tard les compressions, avec un retard médian d’environ 20 secondes par rapport aux témoins étrangers. Ce délai, bien que modeste, s’inscrit dans une phase critique où chaque seconde compte pour la perfusion cérébrale et coronaire. L’intérêt majeur de ce travail est d’introduire une lecture plus « humaine » de la RCP assistée par téléphone : la difficulté n’est pas seulement technique, elle est émotionnelle. Le stress, la panique et la peur de mal faire constituent de véritables freins à l’action, même lorsque des instructions claires sont données.
Sur le plan pratique, l’article plaide pour une évolution des stratégies de régulation : intégration de techniques de communication émotionnelle, scripts simplifiés, encouragements explicites, et formation spécifique des régulateurs à la gestion des proches en détresse. Il suggère aussi que les programmes de formation du grand public devraient davantage préparer les proches à intervenir sur un membre de leur famille, et pas seulement sur une « victime abstraite ». Ce travail contribue ainsi à élargir la vision de la chaîne de survie, en y intégrant pleinement la dimension psychologique et relationnelle du témoin, comme déterminant majeur de l’efficacité de la RCP précoce.

British paramedic journal
Perceptions of older people regarding drone-delivered defibrillators for out-of-hospital cardiac arrest: a qualitative study.
Finney O, Snowdon K, Mckellow A, Geen K, Wilkinson C, McClelland G. Br Paramed J. 2025;10[1]:10-18
DOI: 10.29045/14784726.2025.6.10.1.10

Introduction: Out-of-hospital cardiac arrest (OHCA) presents a significant public health challenge. Bystander utilisation of automated external defibrillators (AEDs) can improve survival. Drone delivery of AEDs may improve rates of bystander defibrillation. However, whereas most cardiac arrests occur in older people, there is minimal evidence on the perceptions of older people regarding AED delivery by drone. The aim of this study was to explore the perspectives of individuals aged 65 years and over on the use of drone technology for AED delivery in OHCA situations.

Methods: Semi-structured qualitative interviews were undertaken to gather insights into participants' perceptions about drone AED delivery. Responses were thematically analysed.

Results: Three main themes were identified from 12 interviews conducted between May and July 2024: (1) the interaction between the human and the drone; (2) perceived societal benefits of drone AED delivery for OHCA; and (3) safety and public perception. Participants expressed complex reactions to drone-delivered AEDs, and expressed concerns about correct AED usage and the emotional difficulty of leaving a patient unattended. Many anticipated guilt about possibly being unable to use the AED effectively in high-stress situations. Participants acknowledged the potential for drones to save lives by reducing response times in OHCA, but raised concerns about safety and public education. There was a strong consensus on the importance of public education and training to build confidence in using both AEDs and drone technology.

Conclusion: Although participants appreciated the rapid delivery of AEDs via drones for OHCA, they expressed significant concerns about their own ability to use the AED alongside the emotional burden associated with emergency situations. The findings emphasise the need for enhanced public education and psychological support to ensure effective bystander intervention in general. Additionally, prior to any roll-out of drone-delivered AEDs, there should be a specific programme of education to bridge the gap between technological acceptance and practical application.

Conclusion (proposition de traduction) : Bien que les participants aient globalement accueilli favorablement la livraison rapide de DAE par drone lors d’arrêts cardiaques extra-hospitaliers, ils ont exprimé d’importantes inquiétudes concernant leur capacité à utiliser l’appareil et la charge émotionnelle liée au fait de laisser un patient sans surveillance. Ces résultats soulignent l’importance d’une formation ciblée du public à l’utilisation des DAE ainsi que d’un soutien psychologique pour les témoins. La prise en compte de ces facteurs humains est essentielle pour garantir une mise en œuvre efficace des systèmes de livraison de DAE par drone.


Commentaire : Cette étude qualitative britannique explore un angle rarement documenté : la perception des personnes âgées, principales victimes des arrêts cardiaques, face à l’arrivée de drones transportant des défibrillateurs. La méthodologie repose sur des entretiens semi-structurés avec 12 participants de plus de 65 ans, analysés selon une approche thématique rigoureuse. Les résultats montrent une dissociation nette entre l’acceptation de la technologie et la confiance dans la capacité à l’utiliser. Les participants perçoivent clairement le bénéfice potentiel d’un accès plus rapide au DAE, mais expriment une forte anxiété liée à la peur de mal faire, au stress émotionnel et au dilemme de devoir interrompre la RCP pour aller récupérer l’appareil. La dimension psychologique apparaît centrale : culpabilité anticipée, crainte de causer un préjudice, et sentiment d’incompétence technique freinent l’engagement.
L’intérêt majeur de ce travail est de rappeler que l’innovation technologique ne suffit pas à améliorer la chaîne de survie si elle n’est pas accompagnée d’une préparation humaine adaptée. En pratique, l’article plaide pour des programmes de formation plus réalistes, incluant la gestion du stress, la simplification des messages, et une pédagogie spécifiquement orientée vers les personnes âgées. Il suggère aussi que les systèmes de régulation et les campagnes publiques doivent anticiper la réaction émotionnelle des témoins, afin de transformer l’acceptation théorique des drones en une utilisation effective sur le terrain. Ce travail enrichit la réflexion sur les DAE par drone en montrant que leur efficacité dépend autant de la psychologie des témoins que de la performance technologique.

The impact of drone delivery of an automated external defibrillator: a simulation feasibility study.
Finney O, Snowdon K, Lomzynska S, Ferraresi D, Norton M, Austin D, Gale CP, Wilkinson C, McClelland G. Br Paramed J. 2025;10[1]:56-61
DOI: 10.29045/14784726.2025.6.10.1.56

Introduction: Out-of-hospital cardiac arrest (OHCA) is a leading cause of death in Europe. Early defibrillation is associated with improved outcomes. While this may be delivered by members of the public using an automated external defibrillator (AED), they are used infrequently. Drone delivery of an AED may enable quicker defibrillation compared to awaiting arrival of emergency medical services. Little is known about how members of the public may react to AED delivery or about the potential impact of retrieving an AED on the provision of high-quality cardiopulmonary resuscitation (CPR).

Methods: A feasibility study using a simulated OHCA scenario was completed by members of the public. Participants performed CPR on a manikin, guided by an ambulance service call handler, which was interrupted by AED delivery. CPR quality and the duration of the interruption for AED retrieval were recorded, and participants' feedback on the scenario was collected using a survey.

Results: Twelve participants completed the study. Overall, a median of 61% (interquartile range [IQR] 21-79) of chest compressions were delivered at the correct speed, and 99% (IQR 78-100) at the correct depth. CPR was discontinued for a median of 116 (96-135) seconds to retrieve an AED and deliver a shock. Participants described the scenario as stressful and challenging, were supportive of the concept of AED delivery by drone and emphasised the value of call-handler instructions and guidance.

Conclusion: This study demonstrated the feasibility of a process and outcomes evaluation of simulated drone-delivered AED to members of the public. The retrieval process was associated with notable interruption in the delivery of CPR, but it remains unknown whether any impact of this may be offset by expedited use of the AED. Understanding the likely overall impact of drone delivery of AEDs on patient outcomes is critical before this approach should be considered in clinical practice.

Conclusion (proposition de traduction) : Cette étude a démontré la faisabilité de l’évaluation de la livraison de DAE par drone dans un scénario simulé d’arrêt cardiaque extra-hospitalier et apporte des éléments sur les défis et les bénéfices potentiels de cette technologie. Il apparaît notamment que la récupération d’un DAE, même à courte distance, entraîne des interruptions significatives de la RCP, susceptibles de compromettre les résultats cliniques lorsqu’un seul témoin est présent. Ces résultats soulignent la nécessité d’essais cliniques évaluant les issues patients afin de démontrer la sécurité et l’efficacité de la livraison de DAE par drone en pratique courante.


Commentaire : Cette étude de faisabilité britannique, menée auprès de volontaires non professionnels dans un scénario simulé d’arrêt cardiaque à domicile, apporte une vision très concrète de ce que la livraison d’un DAE par drone implique réellement pour un témoin isolé. La méthodologie combine mesures objectives issues d’un mannequin QCPR (qualité des compressions, profondeur, fréquence, relâchement) et analyse qualitative du vécu des participants. Les résultats montrent que, malgré une qualité globalement correcte des compressions grâce au guidage téléphonique, la récupération du DAE entraîne une interruption médiane de la RCP de près de deux minutes, largement supérieure aux seuils recommandés. Sur le plan humain, les participants décrivent une forte charge émotionnelle, une anxiété liée au fait de laisser la victime seule, et une difficulté marquée à utiliser l’AED sous stress, même avec l’aide du régulateur.
L’intérêt majeur de ce travail est de rappeler que le bénéfice théorique d’un accès plus rapide à la défibrillation peut être partiellement annulé par les conséquences pratiques et psychologiques de la récupération de l’appareil chez un témoin unique. En pratique, l’article suggère que les DAE par drone pourraient être plus pertinents lorsqu’il y a plusieurs témoins, et qu’ils doivent impérativement s’accompagner d’une formation du public, d’instructions simplifiées et d’un soutien émotionnel renforcé par les centres de régulation. Il renforce l’idée que l’innovation technologique ne peut améliorer la chaîne de survie que si elle est pleinement intégrée aux réalités humaines de la RCP.

CJEM
Implementation of a CPR quality data collection program in the emergency department: a quality improvement initiative.
Mok G, Vaillancourt S, Fu M, Gray S, Chartier LB, Wong N, Allan KS, Warsi F, Callender C, McGowan M, Petrosoniak A. CJEM. 2025;27[6]:451-459
DOI: 10.1007/s43678-025-00882-w

Objectives: We used quality improvement (QI) methodology to improve cardiopulmonary resuscitation (CPR) data collection within the emergency department (ED) for non-traumatic cardiac arrests. This novel program aimed to improve CPR data collection from a baseline of 48.7-80% between August 15th, 2023-April 14th, 2024.

Methods: The outcome measure was percentage of cases with CPR data available. The secondary measures included CPR rate and depth (composite measure), compression fraction, and CPR pauses < 10 s. Manual review of electronic health records and Zoll Case Review was utilized for data extraction. The project team was created utilizing a stakeholder matrix. Diagnostics included an Ishikawa diagram, QI huddles, simulation, and process mapping. Interventions included: introduction of an emergency medical services (EMS)-to-ED adapter, simulation and education, and data debriefing. Elements were introduced and tested with simulation prior to implementation. P-charts and x-charts were used to determine successful completion of aims.

Results: CPR data were available in 48.7% (19/39) of cardiac arrest cases during the baseline period (February 15th, 2023-August 14th, 2023). Special cause variation was met during the implementation period with a shift (≥ 8 consecutive points above or below median), improving data collection to 89.1% (49/55). Improvements were identified with a shift for CPR in target for rate and depth (1.8-20.4%) and compression fraction (82.2-86.9%). No special cause variation was identified for CPR pauses < 10 s.

Conclusion: Through the use of QI methodology, we successfully improved CPR data collection within our ED from 48.7-89.1% for non-traumatic cardiac arrests. Improvements were seen in CPR in target for rate and depth, and compression fraction. This program provides a foundation for reliable CPR performance measurement and improvement, and serves as an example for other ED's with similar interest in CPR performance improvement.

Conclusion (proposition de traduction) : Grâce à l’utilisation de la méthodologie QI, nous avons réussi à améliorer la collecte des données de réanimation cardio-pulmonaire dans notre DE de 48,7 % à 89,1 % pour les arrêts cardiaques non traumatiques. Des améliorations ont été observées dans la RCR pour les objectifs de vitesse et de profondeur, ainsi que pour la fraction de compression. Ce programme fournit une base pour la mesure et l’amélioration fiables du rendement de la RCR, et sert d’exemple à d’autres ED ayant un intérêt similaire dans l’amélioration du rendement de la RCR.

Chest
High Normocapnia and Better Functional Outcome in Patients Undergoing Venoarterial Extracorporeal Membrane Oxygenation After Out-of-Hospital Cardiac Arrest.
Izawa J, Kimata S, Komukai S, Okubo M, Sakai A, Kitamura T, Yamaguchi Y. Chest. 2025;167[6]:1639-1650
DOI: 10.1016/j.chest.2025.01.010

Background: The optimal target for Paco remains uncertain in patients undergoing venoarterial extracorporeal membrane oxygenation (VA-ECMO) after out-of-hospital cardiac arrest (OHCA).

Research question: Are Paco levels associated with functional outcomes in patients receiving VA-ECMO after OHCA?

Study design and methods: This multicenter, registry-based observational study, conducted from 2014 to 2020, included adult patients with nontraumatic injury with OHCA and receiving VA-ECMO with Paco levels measured within 6 hours of initiation (initial Paco set) and 18 to 30 hours after initiation (24-hour Paco set). Paco levels were categorized into 5 groups: hypocapnia (< 30 mm Hg), low normocapnia (30 to < 40 mm Hg), high normocapnia (40 to < 50 mm Hg), mild hypercapnia (50 to < 60 mm Hg), and moderate to severe hypercapnia (≥ 60 mm Hg). The primary outcome was a favorable functional outcome at 30 days, analyzed by multivariable logistic regression. Paco trajectories from initial to 24-hour levels were also explored.

Results: A total of 1,454 and 572 patients were analyzed in the initial and 24-hour Paco sets, respectively. Compared with high normocapnia, low normocapnia was associated with worse functional outcomes in both initial and 24-hour Paco analyses, with adjusted ORs of 0.59 (95% CI, 0.38-0.89) for initial low normocapnia and 0.56 (95% CI, 0.33-0.95) for 24-hour low normocapnia. Other categories were similarly associated with worse functional outcomes in both Paco analyses. In exploratory analyses, trajectories ending in high normocapnia demonstrated higher proportions of favorable functional outcome than those ending in low normocapnia, regardless of initial Paco levels.

Interpretation: In adult patients with nontraumatic injury with OHCA and receiving VA-ECMO, high normocapnia was associated with better functional outcomes than low normocapnia in both initial and 24-hour Paco analyses. These findings suggest a hypothesis that maintaining high normocapnia levels, irrespective of initial Paco, may improve functional outcomes for patients undergoing VA-ECMO after OHCA.

Conclusion (proposition de traduction) : Dans cette étude observationnelle multicentrique menée chez des adultes présentant un arrêt cardiaque non traumatique et pris en charge par ECMO veino-artérielle, une normocapnie élevée (PaCO₂ entre 40 et 50 mmHg) était associée à un meilleur pronostic fonctionnel à 30 jours par rapport à une normocapnie basse (30 à 40 mmHg), aussi bien dans les 6 premières heures que dans la période de 18 à 30 heures après l’initiation de l’ECMO. Les trajectoires aboutissant à une normocapnie élevée à 24 heures étaient associées à une proportion plus importante d’issues neurologiques favorables, indépendamment de la PaCO₂ initiale. Ces résultats suggèrent qu’atteindre rapidement une normocapnie élevée et la maintenir pendant 24 heures pourrait améliorer la prise en charge des patients en post-arrêt cardiaque sous VA-ECMO.


Commentaire : Cette large étude japonaise issue du registre national JAAM-OHCA analyse plus de 1 400 patients traités par VA-ECMO après arrêt cardiaque, avec une approche méthodologique robuste reposant sur des modèles multivariés ajustés et des analyses de trajectoires de PaCO₂. Le signal est remarquablement cohérent : les patients maintenus en normocapnie « haute » (40–50 mmHg) présentent de meilleurs résultats fonctionnels à 30 et 90 jours que ceux exposés à une normocapnie basse, à l’hypocapnie ou à l’hypercapnie. L’étude ne met pas en évidence de relation simple entre l’ampleur des variations de PaCO₂ et le pronostic, mais souligne l’importance du niveau atteint à 24 heures. Les limites sont classiques pour un registre observationnel (confusion résiduelle, données ventilatoires incomplètes, biais de sélection des survivants), mais la cohérence physiopathologique renforce la crédibilité du message.
Sur le plan pratique, cet article suggère que, chez les patients sous ECPR/VA-ECMO, viser une PaCO₂ légèrement supérieure aux cibles « classiques » (35–45 mmHg) pourrait être neuroprotecteur, probablement via une meilleure perfusion cérébrale dans un contexte d’autorégulation altérée. Il invite ainsi les équipes de réanimation à intégrer la gestion fine du CO₂ comme un véritable levier thérapeutique post-arrêt cardiaque, au même titre que l’oxygénation, l’hémodynamique ou la température.

Internal and emergency medicine
Bystander placement of automated external defibrillators and out-of-hospital cardiac arrest outcomes: a propensity score-matched cohort study between 2021 and 2022.
Omatsu K, Yamashita A, Inaba H. Intern Emerg Med. 2025;:
DOI: 10.1007/s11739-025-03995-3

Editorial: Bystander automated external defibrillator (AED) placement is expected to benefit all out-of-hospital cardiac arrest (OHCA) cases, even in the absence of prehospital defibrillation. This study investigated the factors influencing bystander-AED placement and evaluated its impact on neurologically favourable outcomes in bystander-witnessed, out-of-home OHCA cases receiving bystander cardiopulmonary resuscitation (CPR). This retrospective cohort study analysed nationwide EMS-transported emergency and OHCA databases (2021-2022), including 22,443 bystander-witnessed, out-of-home OHCAs with bystander CPR, of which 10,324 involved bystander-AED placement. AEDs were placed by bystanders in 25,333 (10.6%) of 238,871 non-EMS-witnessed OHCA cases. Logistic regression showed the associations of prehospital defibrillation, no bystander CPR, male sex, outdoor location, at-home setting, and family- or friend/colleague-witnessed OHCA with lower bystander-AED placement rates. In contrast, rural municipality EMS, daytime, DA-CPR attempt, presumed cardiac aetiology, shockable initial rhythm, conventional bystander CPR, and care/medical facilities were associated with higher rates. Neurologically favourable survival was 2.2% for bystander-AED and 2.3% for EMS-AED placement cases within care/medical facilities, compared to 19.5% and 11.6%, respectively, outside these facilities. In both logistic regression analyses after propensity score matching, bystander-AED placement improved outcomes of OHCA outside care/medical facilities only in the presence of prehospital defibrillation (adjusted odds ratio 1.24 [1.04-1.48]) but worsened outcomes of OHCA within the facilities in the absence of prehospital defibrillation (0.73 [0.54-0.99]). Bystander-AED placement was common in care/medical facilities but had limited benefits. The effectiveness of bystander-AED placement depends on location, early prehospital defibrillation, and responder training.

Conclusion: Out-of-home OHCA cases in medical facilities had higher bystander-AED placement rates but lower PAD incidence than in other out-of-home locations. Bystander-AED placement improved outcomes only in the presence of prehospital defibrillation outside of care/medical facilities, whereas it resulted in worse outcomes in the absence of prehospital defibrillation. The effectiveness of bystander-AED placement depends on location, early prehospital defibrillation, and well-trained BLS providers. Ensuring earlier AED placement and immediate defibrillation in cases with shockable initial rhythms may improve outcomes after OHCA.

Conclusion (proposition de traduction) : Les arrêts cardiaques extra-hospitaliers survenant dans les établissements de soins présentaient des taux élevés de mise en place de DAE par les témoins, mais une moindre fréquence de défibrillation préhospitalière par rapport aux autres lieux. L’installation d’un DAE par un témoin n’améliorait le pronostic que lorsqu’elle s’accompagnait d’une défibrillation préhospitalière, et uniquement en dehors des établissements de soins. En revanche, en l’absence de défibrillation, elle était associée à de moins bons résultats dans ces structures. L’efficacité de la mise en place d’un DAE par les témoins dépend donc du lieu, de la rapidité de la défibrillation et du niveau de formation en RCP. Une installation plus précoce du DAE suivie d’un choc rapide chez les patients avec rythme choquable pourrait améliorer le pronostic.


Commentaire : Cette vaste étude japonaise, basée sur plus de 22 000 arrêts cardiaques extra-hospitaliers témoins avec RCP par un tiers, exploite deux bases nationales et une méthodologie robuste incluant appariement par score de propension et modèles multivariés. Elle met en évidence un paradoxe important : la simple mise en place d’un DAE par un témoin ne suffit pas à améliorer le pronostic neurologique si elle ne débouche pas sur une défibrillation rapide. Dans les lieux de soins (EHPAD, structures médicales), où les DAE sont pourtant très présents, les résultats sont même moins bons en l’absence de choc, probablement en raison de la forte proportion de patients âgés, de causes non cardiaques et d’une détection tardive de l’arrêt. À l’inverse, dans les lieux publics hors établissements de soins, l’accès précoce au DAE avec défibrillation est associé à une meilleure survie neurologique. Le travail souligne aussi que la récupération du DAE peut retarder l’appel aux secours et interrompre la RCP, ce qui annule une partie du bénéfice attendu.
En pratique, cet article recentre le débat sur la finalité du DAE : ce n’est pas sa présence qui sauve, mais la rapidité du choc. Il plaide pour des formations orientées sur l’enchaînement immédiat « appel – compressions – défibrillation », une meilleure reconnaissance des rythmes choquables, et une organisation qui favorise une défibrillation en moins de 6 minutes. Il invite aussi à reconsidérer les stratégies de PAD dans les établissements de soins, où la simple multiplication des DAE ne suffit pas à améliorer les résultats sans une vraie culture de la réponse à l’arrêt cardiaque.