Immediate vs Delayed Coronary Angiography After Cardiac Arrest Without ST-Segment Elevation: 5-Year Outcomes From the COACT Randomized Trial.
Spoormans EM, Janssens GN, van der Hoeven NW, Jewbali LSD, Dubois EA, Meuwissen M, Rijpstra TA, Bosker HA, Blans MJ, Bleeker GB, Baak R, Vlachojannis GJ, Eikemans BJW, van der Harst P, van der Horst ICC, Voskuil M, van der Heijden JJ, Beishuizen A, Stoel M, Camaro C, van der Hoeven H, Henriques JP, Vlaar APJ, Vink MA, van den Bogaard B, Heestermans TACM, de Ruijter W, Delnoij TSR, Crijns HJGM, Oemrawsingh PV, Gosselink MTM, Plomp K, Magro M, Elbers PWG, Zwinderman AH, van Royen N, Lemkes JS. J Am Coll Cardiol. 2026;:
Keywords:
acute coronary syndrome; out-of-hospital cardiac arrest; percutanous coronary intervention
Background: Out-of-hospital cardiac arrest (OHCA) is a major global health issue. For patients without ST-segment elevation after return of spontaneous circulation, the COACT (Coronary Angiography After Cardiac Arrest) trial was the first randomized trial that investigated the benefit of immediate vs delayed coronary angiography with subsequent percutaneous coronary intervention if needed. No difference in 90-day survival was found. The long-term impact on survival of the 2 treatment strategies remains uncertain.
Objectives: The aim of this study was to investigate the 5-year impact on survival of immediate vs delayed coronary angiography in OHCA patients with an initial shockable rhythm and no ST-segment elevation on initial electrocardiography after return of spontaneous circulation.
Methods: The COACT trial was a randomized, open-label, multicenter study comparing immediate vs delayed coronary angiography in patients resuscitated from OHCA without ST-segment elevation. Nineteen Dutch centers enrolled patients, and 5-year follow-up was obtained via structured telephone interviews. Secondary endpoints included myocardial infarction, repeat revascularization, heart failure-related hospitalizations, and implantable cardioverter-defibrillator shocks.
Results: At 5-year follow-up, data from 514 of 552 patients (93.1%) were available. Of these patients, 261 (50.8%) were assigned to immediate angiography and 253 (49.2%) to a delayed strategy. Baseline characteristics were similar across the 2 treatment groups. Five years after the index hospitalization, 143 patients (54.8%) were alive in the immediate angiography group, and 131 patients (51.8%) were alive in the delayed angiography group (HR: 0.95; 95% CI: 0.74-1.23; log-rank P = 072). In a nonprespecified and exploratory landmark analysis, HRs for death to 90 days and >90 days were 1.11 (95% CI: 0.84-1.49; log-rank P = 0.46) and 0.56 (95% CI: 0.32-0.97; log-rank P = 0.04). Rates of myocardial infarction, heart failure-related hospitalization, and revascularization were low and did not differ between groups.
Conclusions: At 5 years, survival was comparable between immediate and delayed angiography, with no clear benefit or harm. A late survival benefit appeared after 90 days, though its clinical significance remains uncertain and most likely is due to chance. (Coronary Angiography After Cardiac Arrest [COACT]; NTR4973).
Conclusion (proposition de traduction) : À 5 ans, la survie est comparable entre les stratégies immédiate et différée, sans bénéfice ni signal délétère évident de l’angiographie immédiate. Un signal de bénéfice tardif après 90 jours est observé, mais sa signification clinique reste incertaine et il est probablement lié au hasard.
Commentaire : Il s’agit du suivi à 5 ans d’un essai randomisé multicentrique, ouvert, comparant une stratégie invasive immédiate versus différée chez des patients comateux réanimés d’ACEH avec rythme initial choquable et sans sus-décalage ST. L’analyse est conduite en intention de traiter, avec un taux de suivi élevé (93 %), ce qui renforce la validité interne. Toutefois, la puissance statistique initiale était calibrée pour la mortalité à court terme (90 jours) et non pour les résultats à 5 ans : l’analyse à long terme doit donc être considérée comme exploratoire. L’essai est ouvert (absence d’aveugle), exposant à des biais de prise en charge, bien que les événements aient été vérifiés par une équipe en aveugle. La population est sélectionnée (rythme choquable, absence de choc cardiogénique, pas de sus-décalage ST), ce qui limite l’extrapolation. Les méthodes statistiques (Kaplan-Meier, log-rank, modèles de Cox, analyses per-protocol et as-treated) sont adaptées. Le résultat principal (HR 0,95 ; IC 95 % 0,74–1,23) confirme l’absence de bénéfice en survie globale à 5 ans. Le signal tardif issu de l’analyse en landmark n’était pas préspécifié, repose sur un faible nombre d’événements et doit être interprété avec prudence. Le niveau de preuve reste élevé pour conclure à l’absence de bénéfice clinique pertinent d’une stratégie systématique immédiate dans cette population.
Le suivi à 5 ans de COACT confirme l’absence de bénéfice en survie d’une angiographie coronaire immédiate systématique chez les patients réanimés d’un arrêt cardiaque extra-hospitalier avec rythme choquable et sans sus-décalage ST. La mortalité reste dominée par les causes neurologiques précoces. Les événements cardiovasculaires tardifs (IDM, revascularisation, insuffisance cardiaque, chocs de DAI) sont rares et comparables entre stratégies. Ces résultats confortent les recommandations actuelles européennes et américaines : en l’absence de sus-décalage ST, d’instabilité hémodynamique ou d’ischémie persistante, une stratégie différée après évaluation neurologique est sûre et appropriée. Le signal tardif observé au-delà de 90 jours apparaît exploratoire et insuffisant pour modifier la pratique.
Proposé par le docteur Didier THIERCELIN
Commentaire : Cette analyse observationnelle de registre, méthodologiquement robuste pour ce type de question, utilise une pondération par score de propension afin de limiter la confusion par indication et d’approcher une émulation de « target trial », ce qui constitue un point fort notable. Néanmoins, le niveau de preuve demeure limité par la nature non randomisée des données, l’absence d’information sur les tentatives infructueuses, la difficulté à contrôler totalement le biais temporel de réanimation et une proportion importante de données manquantes pour le devenir fonctionnel. Les méthodes statistiques sont appropriées et transparentes, mais l’impossibilité d’ajuster sur les effets de site et les pratiques locales limite l’inférence causale. Le résultat central est négatif sur la survie, avec un signal discordant entre RACS (favorisé par l’adrénaline en premier) et pronostic fonctionnel (défavorable à l’adrénaline en premier), suggérant que l’amélioration de la circulation transitoire ne se traduit pas nécessairement par une récupération neurologique. Ces résultats questionnent la hiérarchisation automatique des gestes avancés dans les algorithmes pédiatriques actuels.
Cet article met en lumière une tension centrale de la réanimation pédiatrique extrahospitalière : la compétition temporelle entre deux interventions majeures, l’adrénaline et la sécurisation des voies aériennes, dans un contexte de ressources limitées et de physiopathologie dominée par l’hypoxie. L’absence d’impact sur la survie globale, associée à un possible désavantage fonctionnel lorsque l’adrénaline est administrée en premier, suggère que la priorité donnée systématiquement au vasopresseur pourrait ne pas être adaptée à tous les profils pédiatriques. Le travail ne remet pas en cause les recommandations existantes, mais il renforce l’idée que la séquence des gestes n’est pas neutre et qu’une approche plus individualisée, tenant compte de l’étiologie respiratoire fréquente de l’arrêt cardiaque chez l’enfant, pourrait être pertinente. Il souligne enfin le besoin d’essais randomisés dédiés pour dépasser les limites inhérentes aux analyses observationnelles.