A Randomized Trial of Drug Route in Out-of-Hospital Cardiac Arrest.
Couper K, Ji C, Deakin CD, Fothergill RT, Nolan JP, Long JB, Mason JM, Michelet F, Norman C, Nwankwo H, Quinn T, Slowther AM, Smyth MA, Starr KR, Walker A, Wood S, Bell S, Bradley G, Brown M, Brown S, Burrow E, Charlton K, Claxton Dip A, Dra'gon V, Evans C, Falloon J, Foster T, Kearney J, Lang N, Limmer M, Mellett-Smith A, Miller J, Mills C, Osborne R, Rees N, Spaight RES, Squires GL, Tibbetts B, Waddington M, Whitley GA, Wiles JV, Williams J, Wiltshire S, Wright A, Lall R, Perkins GD, PARAMEDIC-3 Collaborators. N Engl J Med. 2025;392[4]:336-348
Keywords:
Aged; Female; Humans; Male; Middle Aged; Emergency Medical Services; Epinephrine; Infusions, Intraosseous; Out-of-Hospital Cardiac Arrest; Return of Spontaneous Circulation; United Kingdom; Injections, Intravenous; Aged, 80 and over; Treatment Outcome; Kaplan-Meier Estimate
Background: In patients with out-of-hospital cardiac arrest, the effectiveness of drugs such as epinephrine is highly time-dependent. An intraosseous route of drug administration may enable more rapid drug administration than an intravenous route; however, its effect on clinical outcomes is uncertain.
Methods: We conducted a multicenter, open-label, randomized trial across 11 emergency medical systems in the United Kingdom that involved adults in cardiac arrest for whom vascular access for drug administration was needed. Patients were randomly assigned to receive treatment from paramedics by means of an intraosseous-first or intravenous-first vascular access strategy. The primary outcome was survival at 30 days. Key secondary outcomes included any return of spontaneous circulation and favorable neurologic function at hospital discharge (defined by a score of 3 or less on the modified Rankin scale, on which scores range from 0 to 6, with higher scores indicating greater disability). No adjustment for multiplicity was made.
Results: A total of 6082 patients were assigned to a trial group: 3040 to the intraosseous group and 3042 to the intravenous group. At 30 days, 137 of 3030 patients (4.5%) in the intraosseous group and 155 of 3034 (5.1%) in the intravenous group were alive (adjusted odds ratio, 0.94; 95% confidence interval [CI], 0.68 to 1.32; P = 0.74). At the time of hospital discharge, a favorable neurologic outcome was observed in 80 of 2994 patients (2.7%) in the intraosseous group and in 85 of 2986 (2.8%) in the intravenous group (adjusted odds ratio, 0.91; 95% CI, 0.57 to 1.47); a return of spontaneous circulation at any time occurred in 1092 of 3031 patients (36.0%) and in 1186 of 3035 patients (39.1%), respectively (adjusted odds ratio, 0.86; 95% CI, 0.76 to 0.97). During the trial, one adverse event, which occurred in the intraosseous group, was reported.
Conclusions: Among adults with out-of-hospital cardiac arrest requiring drug therapy, the use of an intraosseous-first vascular access strategy did not result in higher 30-day survival than an intravenous-first strategy. (Funded by the National Institute for Health and Care Research; PARAMEDIC-3 ISRCTN Registry number, ISRCTN14223494.).
Conclusion (proposition de traduction) : Chez les adultes en arrêt cardiaque extrahospitalier nécessitant un traitement médicamenteux, une stratégie privilégiant l’accès intra-osseux n’a pas amélioré la survie à 30 jours.
Commentaire : Cette vaste étude randomisée britannique (plus de 6 000 patients) apporte enfin une réponse solide à une question longtemps débattue en réanimation préhospitalière : faut-il privilégier l’intra-osseux plutôt que l’intraveineux pour administrer les médicaments pendant un arrêt cardiaque ? Contrairement à l’hypothèse initiale, la stratégie « voie intra-osseuse en premier » n’a ni accéléré l’administration de l’adrénaline, ni amélioré la survie à 30 jours ou le pronostic neurologique. Plus encore, le taux de retour de circulation spontanée (RACS) était légèrement inférieur dans le groupe intra-osseuse.
Le message central est clair : ce n’est pas la voie d’accès en elle-même qui fait la différence, mais la capacité à administrer rapidement et efficacement les médicaments dans un contexte de RCP de qualité. Les délais d’injection étaient similaires entre les deux groupes (environ 24 minutes après l’appel), ce qui suggère que la voie intra-osseuse ne confère pas d’avantage organisationnel systématique dans un système préhospitalier déjà structuré.
Sur le plan pratique, ces résultats confortent les recommandations actuelles qui privilégient la voie intraveineuse périphérique comme première option, la voie intra-osseuse restant une alternative utile en cas d’échec ou d’impossibilité. L’étude rappelle aussi les limites potentielles de la voie intra-osseuse : malposition, désinsertion, et peut-être une pharmacocinétique moins favorable pour certains médicaments.
En résumé, ce travail ne remet pas en cause l’intérêt de la voie intra-osseuse comme outil de secours, mais il démonte l’idée selon laquelle elle serait intrinsèquement supérieure pour améliorer la survie. L’enjeu reste avant tout la rapidité d’intervention, la qualité de la RCP et l’organisation globale des soins préhospitaliers.
Proposé par le docteur Didier THIERCELIN
Commentaire : Cette étude observationnelle avant–après menée en unité de soins intensifs pédiatriques montre qu’intégrer un coach RCP dédié au sein des équipes de réanimation améliore concrètement la qualité des compressions thoraciques lors d’arrêts cardiaques réels. La méthodologie repose sur l’analyse de 79 événements sur plusieurs années, avec une standardisation progressive du rôle de coach, une formation par simulation en pratique délibérée rapide, et l’utilisation de défibrillateurs avec feedback en temps réel. Les résultats sont cohérents et cliniquement pertinents : la présence d’un coach passe de 35 % à 72 %, l’utilisation des dispositifs de feedback augmente, et plusieurs paramètres clés de la RCP s’améliorent. Les limites sont celles d’une étude monocentrique non randomisée, avec un effectif modéré et sans mesure directe d’impact sur la survie ou le pronostic neurologique. Néanmoins, le signal organisationnel est fort.
L’intérêt majeur de ce travail est de montrer que la qualité de la RCP peut être améliorée non pas par de nouveaux dispositifs ou médicaments, mais par une structuration humaine des équipes, avec un rôle clairement identifié, centré sur le contrôle des compressions. En pratique, ce modèle soulage le leader médical de la surveillance technique de la RCP, améliore la coordination, réduit les dérives de qualité et favorise une culture d’excellence. L’étude suggère que la performance collective en arrêt cardiaque dépend autant de l’ergonomie des rôles que de la compétence individuelle, et que des approches simples, basées sur la formation et l’organisation, peuvent produire des gains mesurables dans des situations critiques.