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Dernière mise à jour le 10 janvier 2026

Bibliographie sur l'arrêt cardiaque

Mois de Janvier 2026

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Critical care clinics
Advancements in Ventilation During Cardiac Resuscitation.
Drennan IR, Neth MR, Walsh BK. Crit Care Clin. 2026;42[1]:131-147
DOI: 10.1016/j.ccc.2025.08.007

Editorial: Effective ventilation during cardiac arrest is vital for maintaining oxygenation and gas exchange, yet both hyperventilation and hypoventilation pose significant risks, including lung injury and neurologic damage. Current guidelines recommend specific ventilation volumes and rates, but evidence supporting these targets is limited, and actual practices often deviate, potentially impacting outcomes. Research challenges, such as the chaotic out-of-hospital setting, measurement inaccuracies, and patient heterogeneity, complicate the development of optimal strategies. Emerging technologies like real-time ventilation feedback devices and capnography offer promising avenues to improve ventilation quality, although their direct impact on survival and neurologic recovery remains unclear.

Conclusion: Ventilation is an important, yet understudied, aspect of cardiac arrest resuscitation. Hyperventilation and hypoventilation can both be detrimental in cardiac resuscitation; however, what constitutes optimal ventilation is not known. Current technology is limited in guiding ventilation. Furthermore, appropriate targets to optimize ventilation in cardiac arrest are not well described. Advancements in technology have created an opportunity to significantly improve the understanding of ventilation in cardiac arrest.

Conclusion (proposition de traduction) : La ventilation est une composante essentielle, mais encore insuffisamment étudiée, de la réanimation de l’arrêt cardiaque. L’hyperventilation comme l’hypoventilation peuvent toutes deux être délétères au cours de la réanimation, toutefois les paramètres définissant une ventilation optimale restent inconnus. Les technologies actuellement disponibles sont limitées pour guider efficacement la ventilation, et les cibles adaptées à la prise en charge ventilatoire de l’arrêt cardiaque sont mal définies. Les progrès technologiques récents offrent néanmoins une opportunité majeure d’améliorer significativement la compréhension et l’optimisation de la ventilation au cours de l’arrêt cardiaque.


Commentaire : Il s’agit d’une revue narrative experte, non systématique, s’appuyant sur la littérature physiopathologique, expérimentale et clinique disponible, avec un niveau de preuve global modéré mais une grande cohérence conceptuelle ; la méthodologie est adaptée à l’objectif de synthèse, même si l’absence de méta-analyse et la forte hétérogénéité des études disponibles limitent toute conclusion prescriptive, et les auteurs soulignent eux-mêmes les biais majeurs liés à la difficulté de mesurer la ventilation réelle pendant la RCP et à la faible qualité des données cliniques. Sur le plan pratique, cet article est particulièrement structurant car il déplace clairement le paradigme : la ventilation n’est plus un simple geste accessoire de la RCP mais un déterminant physiologique potentiellement majeur, susceptible d’altérer la perfusion, la ventilation cérébrale et la survie lorsqu’elle est inadéquate. Il met en évidence que les recommandations actuelles reposent sur des bases fragiles, que la ventilation réelle délivrée est souvent éloignée des cibles théoriques, et que des concepts émergents tels que le monitorage avancé, le feedback en temps réel, l’analyse des capnogrammes et une approche personnalisée pourraient profondément modifier la pratique future. Le thème central de l’article est l’optimisation de la ventilation pendant l’arrêt cardiaque par une approche physiologique et technologique, et il constitue une référence éditoriale majeure pour comprendre pourquoi la ventilation est probablement l’un des prochains leviers d’amélioration des résultats de la réanimation cardio-pulmonaire.

State-of-the-Art Update in Extracorporeal Cardiopulmonary Resuscitation for Out-of-hospital Cardiac Arrest.
Gottula AL, Elliott A, Bartos JA. Crit Care Clin. 2026;42[1]:39-70
DOI: 10.1016/j.ccc.2025.08.003

Editorial: Survival of refractory non-traumatic out-of-hospital cardiac arrest (OHCA) remains low despite many advances in care. Extracorporeal cardiopulmonary resuscitation (ECPR) has demonstrated the ability to significantly improve outcomes in select patients suffering refractory OHCA. These trials highlight different, but important, aspects of ECPR and provide insights into how we should design future ECPR systems of care. As the use of ECPR increases, this article updates the state-of-the-art in ECPR for refractory OHCA, highlighting the critical components of contemporary ECPR systems of care, clinical controversies in post-resuscitation strategies, and future areas of research needed.

Conclusion: ECPR has emerged as a pivotal intervention for patients experiencing refractory cardiac arrest. Outcomes depend less on the intervention itself than on the organization, experience, and protocolization of systems of care. Future progress will rely on regionalized high-volume centers, standardized protocols, refined patient selection, and a focus on patient-centered outcomes and long-term recovery.

Conclusion (proposition de traduction) : La réanimation cardiopulmonaire extracorporelle s’est imposée comme une intervention majeure chez les patients présentant un arrêt cardiaque réfractaire. Les résultats dépendent moins de la technique elle-même que de l’organisation des systèmes de soins, de l’expérience des équipes et du degré de protocolisation. Les progrès futurs reposeront sur la régionalisation vers des centres à haut volume, la standardisation des protocoles, l’affinement des critères de sélection des patients et une attention accrue portée aux résultats centrés sur le patient et au devenir à long terme.


Commentaire : Cet article est une revue narrative de haut niveau, fondée sur l’analyse critique des principaux essais randomisés, registres et cohortes observationnelles consacrés à l’ECPR dans l’arrêt cardiaque extra-hospitalier réfractaire, avec une méthodologie adaptée à un objectif de mise au point exhaustive mais sans méta-analyse quantitative, ce qui limite le niveau de preuve direct mais renforce la cohérence conceptuelle. Les auteurs montrent de manière convaincante que l’efficacité de l’ECPR est indissociable du système de soins dans lequel elle s’inscrit : volume d’activité, expertise des équipes, protocolisation stricte, délais de no-flow et de low-flow, sélection rigoureuse des patients et prise en charge post-arrêt structurée. Les biais potentiels tiennent à l’hétérogénéité des études sources, à la variabilité des définitions de l’arrêt réfractaire et à la difficulté d’extrapolation à des centres à faible volume. Sur le plan pratique, cet article change profondément la lecture de l’ECPR : il ne s’agit plus d’une « technique de sauvetage » isolée, mais d’une stratégie complexe de système, qui ne peut être efficace que dans des filières dédiées, régionales, à haut volume, intégrant la phase préhospitalière, la logistique de cannulation, la réanimation post-ECPR et le suivi à long terme. Le thème central est celui de l’organisation contemporaine et future des filières ECPR dans l’arrêt cardiaque extra-hospitalier, et l’article constitue une référence éditoriale majeure pour toute réflexion visant à structurer ou évaluer une filière ECPR, en rappelant que la question n’est pas « faut-il faire de l’ECPR ? » mais « dans quelles conditions organisationnelles strictes peut-elle réellement améliorer le pronostic ».

Resuscitation plus
Effects of peri-arrest hypertonic/hyperoncotic fluid treatment on clinical outcomes in non-trauma-related resuscitation - A scoping review
Akbas S, Castellucci C, Haresleb C, Kaserer A, Spahn DR, Breckwoldt J. Resusc Plus. 2026;27:101171
DOI: 10.1016/j.resplu.2025.101171

Aim: This scoping review aimed to summarize existing evidence on the administration of hypertonic and hyperoncotic (HTF/HOF) fluids during cardiopulmonary resuscitation (CPR) in both human and animal studies. Further, we sought to provide guidance for future research and potential clinical implementation strategies.

Methods: We searched Medline, EMBASE, Cochrane, Web of Science, Scopus and Clinicaltrials.gov from inception to June 11th, 2025, for comparative studies using HTF/HOF in non-trauma-related peri-arrest settings in animal models and humans. Studies were selected using a PICOST format. Studies were assessed on their risk of bias. Results were synthesized narratively and presented using descriptive statistics. No meta-analysis was performed.

Results: We included 21 animal and four human studies. Animal studies showed high heterogeneity in species, cardiac arrest models, timing and composition of HTF/HOF. Most of them found improved neurological outcomes compared to normal saline. In the human studies (overall sample size 932), patients were either treated with a combination of hypertonic saline and hydroxyethyl starch (HHS) or with hypertonic saline alone (HS). Time points of fluid administration and assessed outcome parameters differed substantially. Overall, human studies indicated neutral to favorable effects, supporting the potential value of HTF/HOF treatment.

Conclusions: Studies analyzing the effects of HTF/HOF in peri-arrest settings in animals and in humans suggest potential benefit on survival and neurological outcomes. Findings are limited by substantial heterogeneity in study designs, timing and outcome measures. It therefore appears necessary to conduct more rigorous clinical trials with standardized endpoints to further explore the potential of peri-arrest HTF/HOF treatment.

Conclusion (proposition de traduction) : Les études analysant les effets des solutés hypertoniques et hyperoncotiques en contexte péri-arrêt, chez l’animal comme chez l’humain, suggèrent un bénéfice potentiel sur la survie et les résultats neurologiques. Ces résultats sont toutefois limités par une hétérogénéité importante des plans d’étude, des moments d’administration et des critères de jugement. Il apparaît donc nécessaire de conduire des essais cliniques plus rigoureux, avec des critères de jugement standardisés, afin d’explorer plus avant le potentiel thérapeutique des solutés hypertoniques et hyperoncotiques administrés en période péri-arrêt.


Commentaire : Il s’agit d’une revue de portée méthodologiquement rigoureuse, conduite selon les standards PRISMA-ScR, intégrant de manière structurée 21 études animales et 4 études humaines comparatives, sans méta-analyse en raison d’une hétérogénéité majeure des modèles, des protocoles et des critères de jugement ; le niveau de preuve est globalement faible à intermédiaire, dominé par des données précliniques, avec des biais inhérents aux modèles expérimentaux et à la faible puissance des essais cliniques disponibles. Sur le plan des résultats, les données animales montrent de façon relativement cohérente une amélioration des paramètres hémodynamiques, de la perfusion cérébrale et des marqueurs de neuroprotection lors d’une administration précoce de petits volumes hypertoniques/hyperoncotiques, tandis que les données humaines suggèrent au mieux des effets modestes sur le ROSC et l’admission hospitalière, sans démonstration robuste d’un bénéfice sur la survie à long terme ou le devenir neurologique. Sur le plan pratique, cet article ne modifie pas directement la prise en charge actuelle de l’arrêt cardiaque, mais il est essentiel car il clarifie le rationnel physiopathologique, identifie précisément les limites des données existantes et déplace le débat vers des questions opérationnelles clés telles que le timing intra-arrêt versus post-ROSC, la composition des solutés et la sélection des patients. Le thème central est l’exploration du rôle potentiel d’une stratégie de remplissage ciblée par solutés hypertoniques/hyperoncotiques comme adjuvant de la RCP, et l’article constitue une référence éditoriale structurante pour comprendre pourquoi cette approche reste aujourd’hui investigatrice, tout en fournissant un cadre clair pour la conception d’essais cliniques futurs susceptibles, à terme, d’influencer la prise en charge de l’arrêt cardiaque.

Vasopressin, steroids, and epinephrine in out-of-hospital cardiac arrest - a protocol for a randomized controlled trial (OHCA REVIVES trial).
Ko YC, Lin YY, Yang WS, Tseng YT, Huang TJ, Lai CT, Huang SY, Hsieh CM, Wang PL, Chen HH, Chen KY, Sun JT, Chang CH, Lu TP, Ma MH, Chiang WC. Resusc Plus. 2026;27:101163
DOI: 10.1016/j.resplu.2025.101163

Objective: Several clinical trials have shown promising results for the vasopressin-steroid-epinephrine (VSE) triple therapy in patients experiencing in-hospital cardiac arrest (IHCA); however, this treatment strategy has not yet been studied in the prehospital setting. The OHCA REVIVES (A Randomized Clinical Trial of Patient Outcomes Following Out-of-Hospital Cardiac Arrest Receiving Epinephrine Versus In-together Vasopressin, Epinephrine, and Steroid) trial aims to evaluate the effectiveness of the VSE combined therapy in improving clinical outcomes in patients with out‑of‑hospital cardiac arrest (OHCA).

Methods: The OHCA REVIVES trial is an investigator-initiated, multicenter, superiority cluster randomized controlled trial. Adult non-traumatic patients with OHCA treated by six participating advanced ambulance teams in Taipei and New Taipei City, Taiwan will be included. Biweekly randomized clusters of participating advanced ambulance teams were assigned to administer either VSE combined therapy or standard care during cardiac arrest. The primary outcome is sustained return of spontaneous circulation (ROSC ≥ 2 h), and key secondary outcomes include prehospital ROSC, survival to hospital discharge, and survival with favorable neurologic outcomes (cerebral performance category score ≤ 2) at hospital discharge. A total of 1344 patients will be included.

Conclusion: The OHCA REVIVES trial is expected to provide new insights into pharmacological strategies for the treatment of OHCA.ClinicalTrials.gov (identifier: NCT06203847; date registered: January 12, 2024).

Conclusion (proposition de traduction) : L’essai OHCA REVIVES devrait apporter de nouveaux éclairages sur les stratégies pharmacologiques dans le traitement de l’arrêt cardiaque extra-hospitalier.


Commentaire : Cet article présente le protocole d’un essai randomisé contrôlé pragmatique, multicentrique, en grappes avec plan croisé, évaluant pour la première fois en préhospitalier l’association vasopressine-corticoïdes-adrénaline (VSE) chez des patients adultes en arrêt cardiaque extra-hospitalier non traumatique ; la méthodologie est solide et cohérente avec l’objectif, avec un critère principal pertinent (ROSC soutenu à 2 heures), une taille d’échantillon justifiée, une analyse statistique adaptée aux données corrélées (GEE) et une intention de traiter clairement définie, mais le niveau de preuve reste à ce stade théorique puisqu’il s’agit d’un protocole, exposé à des biais attendus de non-aveugle et aux contraintes temporelles propres au préhospitalier.
Sur le plan pratique, cet article est important car il marque une reprise structurée de la recherche pharmacologique en arrêt cardiaque extra-hospitalier, domaine longtemps dominé par l’adrénaline seule, et transpose de façon rigoureuse en préhospitalier une stratégie ayant montré des signaux positifs en intra-hospitalier. Il ne modifie pas la pratique actuelle, mais il prépare un possible changement de paradigme en cas de résultats positifs, en ouvrant la voie à une approche combinée et physiopathologiquement cohérente de la vasoplégie, de l’inflammation et de la réponse au stress au cours de l’arrêt cardiaque. Le thème central est l’évaluation de nouvelles stratégies pharmacologiques combinées en réanimation préhospitalière de l’arrêt cardiaque, et l’article constitue une référence éditoriale structurante pour comprendre les enjeux méthodologiques, organisationnels et cliniques de l’innovation thérapeutique dans ce champ.

Scientific reports
The association of prehospital advanced airway management time and outcome in out-of hospital cardiac arrest patients.
Huabbangyang T, Papukdee P, Klaiangthong R, Jaibergban F, Paharat P, Doungkaew P, Chanthep F, Suntimetaneedol M, Chuanart S. Sci Rep. 2026;:
DOI: 10.1038/s41598-025-34602-2

Editorial: Currently, there is limited evidence regarding the optimal duration of advanced airway management (AAM) with endotracheal intubation in out-of-hospital cardiac arrest (OHCA), particularly in the complex setting of prehospital on-scene management. The current study examined the association between the AAM time (≤ 2, 2–4, 4–6, and > 6 min) provided by the emergency medical service (EMS) team and patient outcomes. We attempted to replicate the chest compression assessment cycle, performing evaluations every 2 min. The primary outcome was survival to hospital discharge. The secondary outcome was sustained return of spontaneous circulation (ROSC) at the scene, defined as continuous ROSC for > 20 min. Data on all adult patients aged > 18 years who experienced non-traumatic out-of-hospital cardiac arrest (OHCA) and met the eligibility criteria were collected from EMS patient care reports. Data on survival to hospital discharge were obtained from the electronic medical records. The association between AAM time and survival to hospital discharge and sustained ROSC at the scene was examined via univariable and multivariable analyses. Approximately 50% of patients received AAM within ≤ 2 min, 16.05% within 2–4 min, 9.74% within 4–6 min, and 24.21% after > 6 min. Sustained ROSC at the scene occurred in 39.7% of patients. When classified by AAM time, sustained ROSC rates were 36.2%, 42.6%, 41.2%, and 44.3%, while survival to hospital discharge was 4.2%, 3.3%, 4.1%, and 8.7%, respectively. There was no significant difference in sustained ROSC by AAM time. Among patients with shockable rhythms, AAM at 4–6 and > 6 min was associated with 1.23-fold and 1.28-fold increased ROSC likelihood compared to ≤ 2 min; for non-shockable rhythms, the likelihoods were 1.11, 1.15, and 0.95, respectively. Regarding survival to discharge, shockable-rhythm patients receiving AAM at 4–6 and > 6 min had 1.3-fold and 1.86-fold increased likelihoods compared to 2–4 min. For non-shockable rhythms, AAM at 2–4, 4–6, and > 6 min was associated with 0.48, 1.89, and 3.44-fold likelihoods of survival, respectively, compared to ≤ 2 min. In this retrospective cohort, patients with non-shockable rhythms appeared to have higher survival among those who received AAM later (> 6 min); however, this pattern may largely reflect survivorship bias and residual confounding rather than any beneficial effect of delaying AAM. In contrast, earlier AAM did not show a clear survival advantage in patients with shockable rhythms. These associations should therefore not be interpreted as causal or as evidence that AAM timing is a modifiable determinant of outcomes. Instead, the findings are exploratory and hypothesis-generating, underscoring the need for prospective studies with appropriate adjustment for time-dependent confounding to clarify the true relationship between AAM timing and survival.

Conclusion: In this retrospective cohort, patients with non-shockable rhythms appeared to have higher survival among those who received AAM later (>6 minutes); however, this pattern may largely reflect survivorship bias and residual confounding rather than any beneficial effect of delaying AAM. In contrast, earlier AAM did not show a clear survival advantage in patients with shockable rhythms. These associations should therefore not be interpreted as causal or as evidence that AAM timing is a modifiable determinant of outcomes. Instead, the findings are exploratory and hypothesis-generating, underscoring the need for prospective studies with appropriate adjustment for time-dependent confounding to clarify the true relationship between AAM timing and survival.

Conclusion (proposition de traduction) : Dans cette cohorte rétrospective, les patients présentant des rythmes non choquables semblaient avoir une meilleure survie lorsqu’une prise en charge avancée des voies aériennes avec intubation était réalisée tardivement (> 6 minutes). Toutefois, cette observation reflète probablement surtout un biais de survie et des facteurs de confusion résiduels, plutôt qu’un réel bénéfice du retard de la prise en charge avancée des voies aériennes avec intubation. À l’inverse, la réalisation précoce de la prise en charge avancée des voies aériennes avec intubation n’était pas associée à un avantage clair de survie chez les patients avec des rythmes choquables. Ces associations ne doivent donc pas être interprétées comme causales ni comme la preuve que le délai d’intubation est un facteur modifiable du pronostic. Les résultats sont exploratoires et générateurs d’hypothèses, soulignant la nécessité d’études prospectives tenant compte des biais temporels pour clarifier la relation réelle entre le timing de la prise en charge avancée des voies aériennes avec intubation et la survie.


Commentaire : Cette étude thaïlandaise, portant sur plus de 1 500 arrêts cardiaques pris en charge par un même service de secours, explore un sujet souvent débattu mais rarement analysé avec autant de transparence méthodologique  : le moment optimal pour réaliser une intubation trachéale en préhospitalier. L’approche statistique est rigoureuse pour une cohorte rétrospective, avec ajustements multivariés, mais les auteurs reconnaissent explicitement les limites majeures liées aux biais de survie et à l’absence de modélisation du temps comme variable dépendante. Le signal principal – une survie apparemment meilleure chez les patients non choquables intubés tardivement – est interprété avec prudence, comme le reflet probable d’un phénomène de sélection : seuls les patients survivant suffisamment longtemps peuvent recevoir une intubation retardée. L’absence de bénéfice clair de l’intubation précoce, notamment chez les rythmes choquables, renforce l’idée que la priorité doit rester la qualité des compressions, la défibrillation rapide et la limitation des interruptions.
Ce travail n’apporte pas de preuve pour modifier les algorithmes, mais il contribue utilement à désacraliser le « timing de l’intubation » comme levier majeur de survie. Il soutient une vision plus systémique de la RCP, où la gestion des voies aériennes est une composante parmi d’autres, dépendante du contexte, de l’expertise des équipes et du maintien d’une compression efficace.
En pratique, l’article renforce une approche pragmatique : intuber quand cela est techniquement pertinent et faisable sans dégrader la RCP, plutôt que chercher un moment théoriquement « optimal ».