Background: The optimal initial vascular access strategy for out-of-hospital cardiac arrest (OHCA) remains unknown. Our objective was to evaluate the association between peripheral intravenous (PIV), tibial intraosseous (TIO), or humeral intraosseous (HIO) as first vascular attempt strategies and outcomes for patients suffering OHCA.
Method: This was a secondary analysis of the Portland Cardiac Arrest Epidemiologic Registry, which included adult patients (≥18 years-old) with EMS-treated, non-traumatic OHCA from 2018-2021. The primary independent variable in our analysis was the initial vascular access strategy, defined as PIV, TIO, or HIO based on the first access attempt. The primary outcome for this study was the return of spontaneous circulation (ROSC) at emergency department (ED) arrival (a palpable pulse on arrival to the hospital). Secondary outcomes included survival to: admission, discharge, and discharge with a favorable outcome (Cerebral Perfusion Category score of ≤2). We conducted multivariable logistic regressions, adjusting for confounding variables and for clustering using a mixed-effects approach, with prespecified subgroup analyses by initial rhythm.
Results: We included 2,993 patients with initial vascular access strategies of PIV (822 [27.5%]), TIO (1,171 [39.1%]), and HIO (1,000 [33.4%]). Multivariable analysis showed lower odds of ROSC at ED arrival (adjusted odds ratio [95% CI]) with TIO (0.79 [0.64-0.98]) or HIO (0.75 [0.60-0.93]) compared to a PIV-first strategy. These associations remained in stratified analyses for those with shockable initial rhythms (0.60 [0.41-0.88] and 0.53 [0.36-0.79]) but not in patients with asystole or pulseless electrical activity for TIO and HIO compared to PIV, respectively. There were no statistically significant differences in adjusted odds for survival to admission, discharge, or discharge with a favorable outcome for TIO or HIO compared to the PIV-first group in the overall analysis. Patients with shockable initial rhythms had lower adjusted odds of survival to discharge (0.63 [0.41-0.96] and 0.64 [0.41-0.99]) and to discharge with a favorable outcome (0.60 [0.39-0.93] and 0.64 [0.40-1.00]) for TIO and HIO compared to PIV, respectively.
Conclusions: TIO or HIO as first access strategies in OHCA were associated with lower odds of ROSC at ED arrival compared to PIV.
Conclusion (proposition de traduction) : L’utilisation d’un accès intra-osseux tibial ou huméral comme stratégie d’accès vasculaire initiale lors d’un arrêt cardiaque extrahospitalier est associée à des probabilités plus faibles de retour à une circulation spontanée à l’arrivée à l’hôpital, comparativement à une stratégie intraveineuse périphérique.
Commentaire : Cette analyse observationnelle issue d’un registre régional américain inclut près de 3 000 arrêts cardiaques extrahospitaliers et s’appuie sur une méthodologie robuste avec ajustement multivarié et analyses de sensibilité. Contrairement à l’idée selon laquelle l’accès intra-osseux permettrait une administration plus rapide des médicaments, les résultats montrent une association défavorable entre l’abord intra-osseux en première intention et le RACS à l’arrivée à l’hôpital, surtout en cas de rythme choquable. L’absence de différence entre l'abord par voie d'abord tibial et huméral suggère que le site anatomique n’est pas le déterminant principal. En pratique, ces données invitent à privilégier l’accès IV lorsque celui-ci est réalisable rapidement, en particulier chez les patients en fibrillation ou tachycardie ventriculaire, où l’efficacité des antiarythmiques pourrait dépendre de la voie d’administration.
Cette étude met en lumière un paradoxe clinique : malgré sa facilité de mise en place et son taux de succès élevé, l’accès intra-osseux n’est pas associé à de meilleurs résultats chez les patients en arrêt cardiaque, et pourrait même être défavorable dans certains contextes. Les auteurs soulignent notamment que chez les patients présentant un rythme choquable, l’administration des antiarythmiques par voie intra-osseuse pourrait être moins efficace que par voie intraveineuse, possiblement en raison de la séquestration médicamenteuse dans la moelle osseuse. Le message est avant tout pragmatique : lorsque l’IV est accessible sans retarder la réanimation, elle reste une option de choix. La voie intra-osseuse conserve néanmoins sa place comme solution de secours fiable lorsque l’accès veineux est difficile ou impossible.