The association of tibial vs. humeral intraosseous vascular access with patient outcomes in adult out-of-hospital cardiac arrests.
Brebner C, Asamoah-Boaheng M, Zaidel B, Yap J, Scheuermeyer F, Mok V, Christian M, Kawano T, Singh L, van Diepen S, Christenson J, Grunau B. Resuscitation. 2023;193:110031
Keywords:
Adult; Humans; Out-of-Hospital Cardiac Arrest; Tibia; Emergency Medical Services; Humerus; Resuscitation; Infusions, Intraosseous; Humeral intraosseous vascular access; Intraosseous; Intraosseous vascular access; Out-of-hospital cardiac arrest; Tibial intraosseous vascular access; Vascular access
Aim: Humeral and tibial intraosseous (IO) vascular access can deliver resuscitative medications for out-of-hospital cardiac arrest (OHCA), however the optimal site is unclear. We examined the association between IO tibia vs. Humerus as the first-attempted vascular access site with OHCA outcomes.
Methods: We used prospectively-collected data from the British Columbia Cardiac Arrest registry, including adult OHCAs treated with IO humerus or IO tibia as the first-attempted intra-arrest vascular access. We fit logistic regression models on the full study cohort and a propensity-matched cohort, to estimate the association between IO site and both favorable neurological outcomes (Cerebral Performance Category 1-2) and survival at hospital discharge.
Results: We included 1041 (43%) and 1404 (57%) OHCAs for whom IO humerus and tibia, respectively, were the first-attempted intra-arrest vascular access. Among humerus and tibia cases, 1010 (97%) and 1369 (98%) had first-attempt success, and the median paramedic arrival-to-successful access interval was 6.7 minutes (IQR 4.4-9.4) and 6.1 minutes (IQR 4.1-8.9), respectively. In the propensity-matched cohort (n = 2052), 31 (3.0%) and 44 (4.3%) cases had favourable neurological outcomes in the IO humerus and IO tibia groups, respectively; compared to IO humerus, we did not detect an association between IO tibia with favorable neurological outcomes (OR 1.44; 95% CI 0.90-2.29) or survival to hospital discharge (OR 1.29; 95% CI 0.83-2.01). Results using the full cohort were similar.
Conclusions: We did not detect an association between the first-attempted intra-arrest IO site (tibia vs. Humerus) and clinical outcomes. Clinical trials are warranted to test differences between vascular access strategies.
Conclusion (proposition de traduction) : Nous n’avons pas mis en évidence d’association entre le site d’accès intra-osseux initial (tibia versus humérus) et les résultats cliniques, qu’il s’agisse du pronostic neurologique favorable ou de la survie à la sortie de l’hôpital. Des essais cliniques sont nécessaires pour évaluer les différences entre les stratégies d’accès vasculaire.
Commentaire : Cette étude observationnelle repose sur un registre provincial canadien de grande ampleur, avec plus de 2 400 patients analysés. Les auteurs utilisent une méthodologie robuste incluant un appariement par score de propension afin de limiter les biais de confusion. Les performances techniques sont comparables entre les deux sites : taux de succès >97 %, délais similaires pour l’accès vasculaire et l’administration d’adrénaline. Contrairement aux données animales suggérant un avantage pharmacocinétique de la voie huméral pour l'intra-osseuse, aucun bénéfice clinique n’est observé sur la survie ou le pronostic neurologique. En pratique, cela signifie que le choix entre tibia et humérus peut rester guidé par l’ergonomie, l’expérience de l’opérateur et le contexte opérationnel, plutôt que par l’espoir d’un gain pronostique.
Cette étude rappelle que les avantages théoriques d’un site d’accès ne se traduisent pas toujours par un bénéfice mesurable pour les patients. Malgré une meilleure diffusion pharmacologique suggérée pour l’IO huméral dans les modèles expérimentaux, la réalité clinique montre des résultats similaires à ceux du tibia. Le message implicite est pragmatique : pendant la prise en charge préhospitalière complexe et intense, ce qui compte avant tout, c’est d’obtenir rapidement un accès fiable, sans perturber les compressions thoraciques ni la coordination de l’équipe. Le débat ne se joue donc pas tant entre humérus et tibia, mais entre rapidité, stabilité de l’accès et intégration fluide dans la dynamique de la RCP.
Proposé par le docteur Didier THIERCELIN
Commentaire : Cette étude observationnelle repose sur un registre provincial canadien de grande ampleur, avec plus de 2 400 patients analysés. Les auteurs utilisent une méthodologie robuste incluant un appariement par score de propension afin de limiter les biais de confusion. Les performances techniques sont comparables entre les deux sites : taux de succès >97 %, délais similaires pour l’accès vasculaire et l’administration d’adrénaline. Contrairement aux données animales suggérant un avantage pharmacocinétique de la voie huméral pour l'intra-osseuse, aucun bénéfice clinique n’est observé sur la survie ou le pronostic neurologique. En pratique, cela signifie que le choix entre tibia et humérus peut rester guidé par l’ergonomie, l’expérience de l’opérateur et le contexte opérationnel, plutôt que par l’espoir d’un gain pronostique.
Cette étude rappelle que les avantages théoriques d’un site d’accès ne se traduisent pas toujours par un bénéfice mesurable pour les patients. Malgré une meilleure diffusion pharmacologique suggérée pour l’IO huméral dans les modèles expérimentaux, la réalité clinique montre des résultats similaires à ceux du tibia. Le message implicite est pragmatique : pendant la prise en charge préhospitalière complexe et intense, ce qui compte avant tout, c’est d’obtenir rapidement un accès fiable, sans perturber les compressions thoraciques ni la coordination de l’équipe. Le débat ne se joue donc pas tant entre humérus et tibia, mais entre rapidité, stabilité de l’accès et intégration fluide dans la dynamique de la RCP.