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Dernière mise à jour le 19 février 2026

Bibliographie sur l'arrêt cardiaque

Medicine
A Randomized Cadaver Study Comparing First-Attempt Success Between Tibial and Humeral Intraosseous Insertions Using NIO Device by Paramedics: A Preliminary Investigation.
Szarpak L, Truszewski Z, Smereka J, Krajewski P, Fudalej M, Adamczyk P, Czyzewski L. Medicine (Baltimore). 2016;95[20]:e3724
DOI: 10.1097/MD.0000000000003724

Editorial: Medical personnel may encounter difficulties in obtaining intravenous (IV) access during cardiac arrest. The 2015 American Heart Association guidelines and the 2015 European Resuscitation Council guidelines for cardiopulmonary resuscitation (CPR) suggest that rescuers establish intraosseous (IO) access if an IV line is not easily obtainable.The aim of the study was to compare the success rates of the IO proximal tibia and proximal humerus head access performed by paramedics using the New Intraosseous access device (NIO; Persys Medical, Houston, TX, USA) in an adult cadaver model during simulated CPR.In an interventional, randomized, crossover, single-center cadaver study, a semi-automatic spring-load driven NIO access device was investigated. In total, 84 paramedics with less than 5-year experience in Emergency Medical Service participated in the study. The trial was performed on 42 adult cadavers. In each cadaver, 2 IO accesses to the humerus head, and 2 IO accesses to the proximal tibia were obtained.The success rate of the first IO attempt was 89.3% (75/84) for tibial access, and 73.8% (62/84) for humeral access (P = 0.017). The procedure times were significantly faster for tibial access [16.8 (interquartile range, IQR, 15.1-19.9] s] than humeral access [26.7 (IQR, 22.1-30.9) s] (P < 0.001).Tibial IO access is easier and faster to put in place than humeral IO access. Humeral IO access can be an alternative method to tibial IO access. TRIAL REGISTRATION: clinicaltrials.gov Identifier: NCT02700867.

Conclusion: Tibial IO access is easier and faster to put in place than humeral IO access. Humeral IO access can be an alternative method to tibial IO access.

Conclusion (proposition de traduction) : L’abord intra-osseux tibial est plus facile et plus rapide à mettre en place que l’accès intra-osseux huméral. L’accès huméral peut néanmoins constituer une alternative à l’abord tibial.


Commentaire : Les résultats montrent que l’accès intra-osseux proximal tibial présente un taux de succès au premier essai plus élevé et un temps d’insertion plus court que l’accès huméral chez des ambulanciers peu expérimentés, dans un contexte de réanimation simulée. L’accès huméral reste cependant une option possible lorsque l’accès tibial n’est pas réalisable, à condition d’une formation adaptée au repérage anatomique du site.
Cette étude randomisée croisée sur cadavres inclut 84 ambulanciers novices, chacun réalisant des insertions intra-osseuses tibiales et humérales avec un dispositif semi-automatique. La méthodologie est rigoureuse (randomisation, crossover, mesures chronométrées, confirmation échographique), mais le modèle cadavérique limite la transposabilité clinique, notamment en l’absence de circulation et de contraintes physiologiques réelles. Les résultats montrent un taux de succès significativement supérieur pour le tibia (89,3 % vs 73,8 %) et un temps d’insertion plus court d’environ 10 secondes. Les échecs huméraux sont principalement liés à des erreurs de repérage anatomique. Sur le plan pratique, l’étude renforce l’idée que le site tibial est plus simple, plus rapide et plus fiable en situation d’urgence, en particulier pour des opérateurs peu expérimentés, tandis que l’accès huméral nécessite un entraînement spécifique.
Quand l’obtention d'un abord veineux est difficile ou impossible au cours d'un arrêt cardiaque, l’abord intra-osseux devient une solution clé. Cette étude rappelle que tous les sites ne se valent pas sur le plan opérationnel. Le tibia apparaît comme un choix naturel : repérage simple, insertion rapide, forte probabilité de succès dès la première tentative. À l’inverse, l’humérus, pourtant souvent présenté comme une alternative intéressante, expose davantage aux erreurs anatomiques, surtout chez des intervenants peu entraînés. Le message n’est pas d’abandonner l’accès huméral, mais de reconnaître qu’il exige une formation ciblée. En pratique, dans un contexte où chaque seconde compte, la simplicité et la reproductibilité du geste restent des critères décisifs.

Proposé par le docteur Didier THIERCELIN