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Dernière mise à jour le 19 février 2026

Bibliographie sur l'arrêt cardiaque

Mois de Novembre 2015

Resuscitation
Per-Protocol and Pre-Defined population analysis of the LINC study.
Rubertsson S, Lindgren E, Smekal D, Östlund O, Silfverstolpe J, Lichtveld RA, Boomars R, Bruins W, Ahlstedt B, Skoog G, Kastberg R, Halliwell D, Box M, Herlitz J, Karlsten R. Resuscitation. 2015;96:92-9
DOI: 10.1016/j.resuscitation.2015.07.008

Objective: To perform two predefined sub-group analyses within the LINC study and evaluate if the results were supportive of the previous reported intention to treat (ITT) analysis.

Methods: Predefined subgroup analyses from the previously published LINC study were performed. The Per-Protocol population (PPP) included the randomized patients included in the ITT-population but excluding those with violated inclusion or exclusion criteria and those that did not get the actual treatment to which the patient was randomized. In the Pre-Defined population (PDP) analyses patients were also excluded if the dispatch time to ambulance arrival at the address exceeded 12 min, there was a non-witnessed cardiac arrest, or if it was not possible to determine whether the arrest was witnessed or not, and those cases where LUCAS was not brought to the scene at the first instance.

Results: After exclusion from the 2589 patients within the ITT-population, the Per-Protocol analysis was performed in 2370 patients and the Pre-Defined analysis within 1133 patients. There was no significant difference in 4-h survival of patients between the mechanical-CPR group and the manual-CPR group in the Per-Protocol population; 279 of 1172 patients (23.8%) versus 281 of 1198 patients (23.5%) (risk difference -0.35%, 95% C.I. -3.1 to 3.8, p=0.85) or in the Pre-Defined population; 176 of 567 patients (31.0%) versus 192 of 566 patients (33.9%) (risk difference -2.88%, 95% C.I. -8.3 to 2.6, p=0.31). There was no difference in any of the second outcome variables analyzed in the Pre-Protocol or Pre-Defined populations.

Conclusions: The results from these predefined sub-group analyses of the LINC study population did not show any difference in 4h survival or in secondary outcome variables between patients treated with mechanical-CPR or manual-CPR. This is consistent with the previously published ITT analysis.

Conclusion (proposition de traduction) : Les résultats de ces analyses de sous-groupes prédéfinis de la population de l’étude LINC (LUCAS in Cardiac Arrest) ne montrent aucune différence sur la survie à 4 heures ni sur les critères de jugement secondaires entre les patients traités par RCP mécanique ou par RCP manuelle. Ces résultats sont cohérents avec l’analyse en intention de traiter précédemment publiée.


Commentaire : Cette analyse complémentaire de l’essai randomisé LINC vise à vérifier si certains sous-groupes de patients pourraient bénéficier davantage de la RCP mécanique que de la RCP manuelle. En excluant les violations de protocole (analyse per-protocole) puis en sélectionnant une population « idéale » avec délais courts, arrêt cardiaque témoin et disponibilité immédiate du dispositif (population prédéfinie), les auteurs ne retrouvent toujours aucun avantage du LUCAS sur la survie à 4 heures, le RACS, la survie hospitalière ou le pronostic neurologique jusqu’à six mois. Ces résultats renforcent la robustesse des conclusions initiales de l’étude LINC et suggèrent que l’absence de bénéfice n’est pas simplement liée à des biais opérationnels ou à une mauvaise sélection des patients. L’analyse met aussi en évidence des délais plus longs avant la défibrillation et le RACS dans le groupe RCP mécanique, probablement liés à la logique algorithmique et au temps de déploiement du dispositif.
Sur le plan pratique, cette étude conforte l’idée que la RCP mécanique ne doit pas être considérée comme supérieure à une RCP manuelle bien réalisée, même dans des conditions optimales. Son intérêt reste essentiellement logistique : sécuriser les compressions pendant le transport, réduire la fatigue des équipes ou faciliter certaines procédures invasives. Le message central demeure que la qualité, la continuité et la précocité des compressions, ainsi que la défibrillation rapide, sont les déterminants majeurs du pronostic, indépendamment du caractère manuel ou mécanique de la RCP.

Proposé par le docteur Didier THIERCELIN
Scandinavian journal of trauma, resuscitation and emergency medicine
Load-distributing-band cardiopulmonary resuscitation for out-of-hospital cardiac arrest increases regional cerebral oxygenation: a single-center prospective pilot study.
Ogawa Y, Shiozaki T, Hirose T, Ohnishi M, Nakamori Y, Ogura H, Shimazu T. Scand J Trauma Resusc Emerg Med. 2015;23:99
DOI: 10.1186/s13049-015-0182-3

Background: Despite advances in therapeutic strategies and improved guidelines, morbidity and mortality rates for out-of-hospital cardiac arrest (OHCA) remain high. Especially, neurological prognosis is one of the most important problems even though brain protection therapy for patients with OHCA has improved greatly in recent years due to the development of emergency post-cardiac arrest interventions such as mild therapeutic hypothermia, early percutaneous coronary intervention, and extracorporeal cardiopulmonary resuscitation (CPR). Recently, cerebral regional oxygen saturation (rSO2) has received attention as a method for evaluation of cerebral oxygenation. We have reported that conventional chest compression did not improve the rSO2 of cardiac arrest patients if they did not achieve return of spontaneous circulation. It is, however, unclear whether a mechanical CPR device is helpful in improving rSO2. The purpose of this study was to evaluate the effects of load-distributing-band CPR (LDB-CPR) on rSO2.

Methods: In this prospective study, LDB-CPR was begun for OHCA with the AutoPulse(TM) device on patient arrival at hospital. During mechanical CPR, rSO2 values were recorded continuously from the forehead of the patients. CPR for patients with OHCA was performed according to the Japan Resuscitation Council Guidelines 2010 except for using the AutoPulse(TM) instead of manual chest compression.

Results: From December 2012 to December 2013, 34 patients (mean age, 75.6 ± 12.8 years) with OHCA were included in this study. Duration of time from recognition of cardiac collapse to arrival to hospital was 31.0 ± 11.4 min. Compared with the rSO2 value of 38.9 ± 0.7 % prior to starting LDB-CPR, rSO2 values at 4, 8 and 12 minutes increased significantly after initiation of LDB-CPR (44.0 ± 0.9 %, 45.2 ± 0.8 %, and 45.5 ± 0.8 %, respectively, p < 0.05).

Conclusion: LDB-CPR significantly increased the rSO2 of cardiac arrest patients during resuscitation.

Conclusion (proposition de traduction) : La RCP par bande de compression thoracique à répartition de charge (LDB-CPR) a significativement augmenté la saturation régionale cérébrale en oxygène (rSO₂) des patients en arrêt cardiaque au cours de la réanimation.


Commentaire : Cette étude pilote japonaise s’intéresse non pas aux critères classiques de survie, mais à un marqueur physiologique intermédiaire : la saturation régionale cérébrale en oxygène (rSO₂), mesurée par spectroscopie proche infrarouge. Les auteurs montrent que l’utilisation de l’AutoPulse en milieu hospitalier augmente rapidement et durablement la rSO₂ par rapport aux valeurs observées sous RCP manuelle préhospitalière, y compris chez les patients n’ayant pas obtenu de RACS. Ces résultats suggèrent une amélioration de la perfusion cérébrale pendant la RCP mécanique, probablement liée à de meilleures performances hémodynamiques. Toutefois, le bénéfice physiologique observé ne se traduit pas par une amélioration du pronostic neurologique : un seul patient sur 34 survit avec un bon devenir cérébral, ce qui reflète la gravité des situations étudiées, les délais préhospitaliers prolongés et le caractère majoritairement non témoin des arrêts. La méthodologie présente des limites importantes : étude monocentrique, petit effectif, absence de groupe contrôle simultané, impossibilité d’évaluer la qualité réelle de la RCP manuelle et influence potentielle de l’intubation sur l’oxygénation cérébrale.
Sur le plan pratique, ce travail soutient l’idée que les dispositifs à bande de compression peuvent améliorer la perfusion cérébrale pendant la réanimation, mais il ne permet pas de conclure à un bénéfice clinique tangible. Il renforce surtout l’intérêt de stratégies précoces, idéalement préhospitalières, visant à maintenir une perfusion cérébrale optimale, tout en rappelant que la survie neurologiquement favorable dépend avant tout de la précocité de la prise en charge, de la qualité de la RCP et des délais de reperfusion.

Proposé par le docteur Didier THIERCELIN